Quelques événements culturels en 2010 à retenir

Après cette visite de la Galerie A l’anneau d’or, on passe à l’agenda 2010 des événements culturels. Un agenda non exhaustif tant les rendez-vous sont nombreux.

Autres expositions prévues outre celle de la Maison A l'anneau d'or : la Galerie nationale et le Château de Prague, préparent conjointement une très grande rétrospective, la plus importante jamais montée, de l’œuvre du peintre baroque Karel Škréta (1610-1674). Plus proches de nous dans le temps, les oeuvres de Jiří Georg Dokoupil seront présentées au manège du château de Prague. Dokoupil a fui la Tchécoslovaquie et s’est fait un nom à l’étranger parmi les grands noms de l’art moderne. Enfin, la galerie de la ville de Prague organisera une rétrospective de l’oeuvre du peintre Zdeněk Sýkora, à l’occasion de ses 90 ans, le 3 février prochain.


'Obchod na korze'
Le cinéma Ponrepo à Prague propose jusqu’au 27 janvier une rétrospective Elmar Klos dont on célèbre cette année le centenaire de la naissance. Elmar Klos, c’est l’un des deux réalisateurs de « Obchod na korze » avec Jan Kadár, traduit en français sous le titre : ‘Le miroir aux alouettes’. C’est le tout premier film tchécoslovaque à avoir été récompensé par un Oscar en 1966, deux ans avant ‘Trains étroitement surveillés’ de Jiří Menzel.

Le festival Projekt 100 organisé par l’Association des cinéclubs tchèques débutera le 14 janvier prochain. Une occasion de découvrir de nombreux films, dont la Palme d’or 2009, ‘Le ruban blanc’ de Michael Haneke. Mais le festival ne propose pas uniquement des films récents puisqu’il projette également une coproduction franco-tchécoslovaque de 1969 : ‘Les oiseaux, les orphelins et les fous’ par l’enfant terrible du cinéma slovaque, Juraj Jakubisko. Et tant qu’on parle de festivals de cinéma, à noter que le prochain festival international de Karlovy Vary fêtera ses 45 ans !

Mamas & Papas
Parmi les films tchèques attendus cette année, ‘The mamas and the papas’ d’Alice Nellis, réalisatrice remarquée depuis plusieurs années et dont le prochain opus est attendu depuis la sortie en 2007 de ‘Tajnosti’, avec Iva Bittová. Le cinéma tchèque semble de plus en plus vouloir se plonger dans son passé, même douloureux. Alice Nellis, toujours, devrait également sortir son film ‘Lidice’ sur la tragédie de cet Oradour-sur-Glane tchécoslovaque, village qui fut rasé par les nazis et dont la population fut presque entièrement décimée.

'La rose de Kawasaki'
Le dernier Jan Hřebejk est sorti dans la grande distribution jeudi, après sa première du 21 décembre, et contrairement à d’autres films de ce réalisateur très productif qui tourne un film par an, son dernier opus a pour l’instant récolté les faveurs de la critique qui lui a souvent reproché la mièvrerie de son approche de l’histoire récente. S’attaquant au thème de la collaboration avec la police secrète sous le communisme, ‘La rose de Kawasaki’ met en outre en scène un des grands noms de la photographie tchèque Antonín Kratochvíl.

Toujours sur ce thème, ‘Pouta’ (Les menottes) de Radim Špaček se penche également sur l’époque de la normalisation en Tchécoslovaquie.


Musique à présent, avec quelques rendez-vous concert cette année. Pour ceux qui ne connaissent pas encore le duo singulier des époux Havel, dont nous vous avons parlé il y a quelques mois, je conseille vivement de faire un tour à l’Akropolis le 15 janvier prochain. L’invité principal est le compositeur allemand ... Jules, mais c’est aussi l’occasion de découvrir l’univers intimiste d’Irena et Vojtěch Havel, deux artistes lunaires, filmés récemment par le Français Vincent Moon. Voilà ce qu’il disait d’eux il y à l’automne dernier :

« Dans ce film, on a essayé le plus possible de s’effacer derrière la rencontre. Je pense que ça les représente assez fidèlement. Il n’y a pas de manipulation de notre part sur le fait qu’ils apparaissent comme des illuminés. Mais ce sont de beaux illuminés, des gens qui vivent entièrement pour ça. Ça me touche vraiment. C’est comme une relation amoureuse avec un instrument. »

Avant cela, le 14 janvier, et dans un autre genre ce sera Depeche Mode, qui jouera à Prague. A noter que le groupe a été un des rares à jouer en Tchécoslovaquie, avant la chute du mur de Berlin, en 1988.

Autre rendez-vous, la sortie du tout nouvel album du groupe légendaire de l’underground tchécoslovaque, Plastic People of the Universe. Ils n’avaient pas sorti de disque depuis neuf ans, ils le baptiseront à l’Akropolis le 26 janvier. Dans un autre style, résolument plus festif, plus ensoleillé Rachid Taha sera en concert à Prague le 10 février prochain au Lucerna Music Bar. Le musicien franco-algérien revient avec un nouvel album intitulé Bonjour, comme le single réalisé en collaboration avec Gaëtan Roussel, ex-membre de Louise Attaque et Tarmac.

A noter également dans les événements récents, la fanfare Slonovski bal qui joue le 12 janvier au Rock Café.


'Le dirigeable volé'
Le 3 décembre prochain, on fêtera le centenaire de la naissance de Karel Zeman. Karel Zeman, c’est un des pionniers du film d’animation, le Méliès tchécoslovaque, à qui l’on doit des films tels que ‘L’invention diabolique’ ou ‘Voyage en préhistoire’.

Autres anniversaires à noter dans l’agenda : les 90 ans de la création de l’association artistique Devětsil par trois personnalités importantes de la culture tchèque, Karel Teige, Jaroslav Seifert et Vladislav Vančura. Autour de ce groupe adepte du « réalisme magique » ont gravité de grands noms de la vie culturelle tchécoslovaque, comme le caricaturiste Adolf Hoffmeister, l’architecte Jaroslav Fragner, les acteurs Werich et Voskovec, les artistes surréalistes Jindřich Štyrský et Toyen. Devětsil, c’est aussi un des aspects des liens franco-tchécoslovaques puisque nombre de ces artistes ont entretenu des liens forts avec la France et les surréalistes français.

On célébrera également le bicentenaire de la naissance du poète Karel Hynek Mácha, le 11 novembre. Tout cela, ce seront évidemment des sujets sur lesquels nous reviendrons au cours de l’année.