Rentrée scolaire 2007 sous le signe de la réforme

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C'est une page qui se tourne pour le système éducatif en République tchèque avec la rentrée scolaire 2007. Fini le temps des directives issues directement du ministère de l'Education nationale qui impose les programmes. Désormais, les écoles élémentaires devront préparer elles-mêmes leurs propres programmes pédagogiques d'après un programme cadre établi par le ministère.

La ministre de l'Education Dana Kuchtova, photo: CTK
En théorie, avec plus de liberté pour les écoles et les équipes pédagogiques, l'enseignement devrait donc être bien plus attrayant pour les élèves. Mais comme le précise ce lundi le quotidien économique Hospodarske noviny, la réalité de cette rentrée 2007 n'est pas toute rose. Un tiers seulement des établissements scolaires seraient préparés à appliquer la réforme, comme le précise la ministre de l'Education, Dana Kuchtova. Cependant, dans un entretien accordé lundi matin à la télévision tchèque, elle ne désespère pas pour autant :

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« Oui, c'est de l'optimisme. Je suis en même temps réaliste car je sais que la réforme est basée sur la longue durée. Nous sommes tout à fait conscients du fait que certaines écoles sont prêtes, d'autres moins, d'autres encore pas du tout. Ce n'est pas grave car nous devons travailler sur la réforme cinq, dix, voire même quinze ans. J'espère évidemment que cela ira bien plus vite. Mais dans l'éducation nationale, les changements s'imposent en général assez lentement. Quand on regarde en arrière, on se rend compte que la société s'est toujours développée rapidement, l'éducation nationale lentement. »

Car bien entendu, ce changement majeur dans le système de l'enseignement tchèque suscite alternativement rejet de la part des enseignants qui préfèrent un encadrement strict et directif ou un bon accueil de la part de ceux qui appelaient de leurs voeux à plus de liberté et de créativité.

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Concrètement, les changements les plus marquants du programme cadre concernent le nombre d'heures d'enseignement des principales matières telles que le tchèque et les mathématiques. En réduisant le nombre d'heures obligatoires, la réforme permet d'éventuellement dégager des heures par exemple pour des conversations dans une langue étrangère, ou pour toute autre matière que l'école choisit de mettre en avant, ou même de créer.

Certaines écoles entendent ainsi profiter de la réforme pour créer des passerelles entre les matières. Par exemple, en lieu et place des sciences physiques, de la chimie, de la biologie et de la géographie, les élèves étudieront ainsi un bloc thématique intitulé par exemple : « L'Homme et la nature ». L'objectif est de donner plus d'autonomie aux élèves, de leur insuffler un esprit critique et d'empêcher le bachotage stérile. Une petite révolution donc, pour un système d'enseignement réputé pour sa rigidité. Un système d'inspection devrait contrôler la bonne application de la réforme. Dana Kuchtova s'est voulue rassurante :

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« Nous allons communiquer avec les écoles au fur et à mesure. Nous allons essayer de voir quelles écoles ont des problèmes, par l'intermédiaire de l'inspection tchèque des écoles, mais aussi d'une auto-évaluation des écoles. C'est quelque chose de nouveau. Nous voulons que les écoles viennent nous consulter et travailler avec elles. »

La rentrée 2007 reste toutefois, au-delà de la réforme en tant que telle, une rentrée à risque, puisque les syndicats ont d'ores et déjà menacé le ministère de possibles grèves. En cause, la faible augmentation d'1,5 % des salaires des enseignants, et les économies que le ministère entend réaliser grâce au licenciement d'un certain nombre de ses fonctionnaires.