Rétro 2010 (2e partie)

Photo: ISIFA/ Lidové noviny/ Viktor Chlad
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Pour cette première de l’année 2011, nous allons une nouvelle fois faire le bilan du sport tchèque en 2010. La semaine dernière nous étions notamment revenus sur les six médailles tchèques aux Jeux olympiques de Vancouver, les deux titres de la patineuse de vitesse Martina Sáblíková, finalement élue meilleur sportif tchèque de l’année, ainsi que sur les succès de Zdeněk Štybar, sacré champion du monde et vainqueur du classement général de la Coupe du monde de cyclo-cross. Mais la suite de l’année a également été riche en émotions…

Photo: ISIFA/ Lidové noviny/ Viktor Chlad
« Un miracle sur la glace » ou « une victoire du cœur » : c’est ainsi que peut être présenté le titre de champions du monde de hockey sur glace décrochée par la République tchèque en mai dernier à Cologne en Allemagne. Cinq ans après leur dernier titre, les partenaires de l’attaquant vedette Jaromír Jágr ont battu la Russie (2-1) à l’issue d’une finale très intense, écrivant ainsi une des plus belles pages de l’histoire du sport tchèque de ces dernières années.

Au fond du trou après avoir été humiliés par la Norvège (1-3) puis avoir été dominés par la Suisse (2-3) en matchs de poule, les Tchèques ont pourtant échappé de justesse à une élimination précoce avant le stade des quarts de finale. Au bout du compte, ils ont été sacrés en ayant battu la Suède deux fois, le Canada, la Finlande et enfin la Russie, soit toutes les grandes nations du hockey. Et en finale ils sont venus à bout d’une Russie double championne du monde en titre, qui restait sur une impressionnante série de vingt-sept victoires consécutives au championnat du monde et dont la sélection était composée de quelques-uns des tout meilleurs joueurs au monde actuellement.

A l’arrivée, c’est donc une équipe en laquelle personne ne croyait avant le début du tournoi qui a décroché le sixième titre de champion du monde de la République tchèque depuis la partition de la Tchécoslovaquie en 1993 (le douzième en tenant compte des victoires antérieures de la Tchécoslovaquie). Une équipe composée de joueurs mal connus, dont la majorité n’ont dû leur présence qu’à l’absence de plus de vingt joueurs NHL blessés ou pas motivés, et qui est parvenue jusqu’en finale après avoir éliminé la Finlande et la Suède en quarts et demi-finales à l’issue des tirs au but. Une équipe au destin improbable, donc, qui a pourtant plongé des millions de Tchèques dans une folle joie un dimanche soir du mois de mai.

Photo: Prague International Marathon
Comme de tradition depuis désormais seize ans, le mois de mai en République tchèque a également été marqué par la tenue du Marathon de Prague. Et l’édition 2010 a été particulièrement réussie avec un nombre record de participants, près de 8 000, mais aussi des records du parcours battus tant chez les hommes que chez les femmes. Résultat, pour 2011, le Marathon de Prague s’est vu décerner le label d’or par la Fédération internationale d’athlétisme, une distinction dont seuls les plus grands marathons au monde, type New York, Londres, Berlin ou Paris, peuvent se prévaloir. Chargée du marketing et de la communication au sein de la société PIM organisatrice du Marathon de Prague, la Suisse Anne Scheuner nous avait expliqué en mai dernier ce qu’il manquait alors encore à Prague pour obtenir ce fameux label d’or :

« Il y a beaucoup de critères à remplir pour avoir ce label d’or. Le premier est d’avoir des coureurs élite qui courent en dessous d’un certain temps (5 hommes dans un temps inférieur à 2h10’30’’ et 5 femmes en moins de 2h28’ de cinq pays différents, ndlr). Cette année, nous avons un champ d’athlètes élite très compétitif, surtout chez les hommes. Mais chez les femmes, ce n’est pas mal non plus avec notamment deux Chinoises. Nous avons des représentantes chinoises pour la première fois depuis 1998. L’autre point essentiel est la couverture médiatique, surtout à l’étranger. On doit être présents dans cinq pays au minimum pour la retransmission télévisée en direct. Ce sont donc les deux grands critères pour obtenir ce label d’or. Mais nous sommes sur la bonne voie. »

Le mois de mai a décidément été un mois à l’actualité sportive chargée. Ainsi, le Sparta Prague a retrouvé son titre de champion de République tchèque de football après deux saisons précédentes dominées par son grand rival du Slavia. Mais le mois de mai fut aussi le mois de la fin de la carrière de Sandra Le Dréan, un des plus beaux palmarès du basket féminin français. Après quatre saisons passées à Prague, Sandra Le Dréan arrête à l’issue de la quatrième manche perdue de la finale du championnat tchèque contre Brno. Quelques jours plus tard, Sandra Le Dréan nous rend visite dans les studios de Radio Prague. Et à 32 ans, elle affirme ne pas avoir de regrets par rapport à sa décision :

Sandra Le Dréan, photo: www.uskbasketbal.cz
« Non, c’est quelque chose que je ne redoute pas. Peut-être suis-je un peu jeune pour arrêter, mais c’est un choix, c’est vraiment quelque chose que je ressens. J’ai le sentiment d’avoir fait le tour de la question, d’avoir tout donné pour le basket. J’y joue depuis l’âge de cinq ans. J’ai donc vraiment envie de passer à autre chose et de commencer une nouvelle vie. Certainement que cette vie de privilégiée va me manquer parce que je suis bien consciente de la chance que j’ai eue d’avoir pu vivre tout ce que j’ai vécu. D’un autre côté je suis aussi persuadée que plein de nouvelles choses passionnantes m’attendent. »

-Lors de la votre arrivée à Prague à l’automne 2006, vous aviez expliqué avoir signé un contrat de seulement un an parce qu’il s’agissait de votre première expérience dans un club étranger et parce que vous vouliez attendre de voir comment les choses allaient se passer avant de vous engager sur du plus long terme. Finalement, vous êtes restée quatre saisons à Prague pour ce qui est resté votre seule expérience dans un club étranger. On peut donc supposer que les choses se sont plutôt bien passées ?

« Effectivement. Après deux mois d’adaptation, je me suis tout de suite sentie bien ici et je me suis fait beaucoup d’amis. D’un point de vue purement sportif, j’avais vraiment touché le très, très haut niveau avec Valenciennes et tous ces titres gagnés (entre autres vainqueur de l’Euroligue en 2002 et 2004, finaliste en 2001 et 2003, quintuple championne de France 2001, 2002, 2003, 2004, 2005). Pour moi, cela a donc été un peu difficile au début à Prague car il m’a fallu apprendre à perdre. J’aurais aimé avoir autant de succès ici, c’était un peu frustrant. Ca n’a pas été le cas, malheureusement, mais je ne regrette rien pour autant. En venant à Prague, je voulais aussi me prouver que j’étais capable de tenter cette expérience à l’étranger et d’y vivre. Ça a donc été comme un booster. C’est aussi pour ça que je suis restée dans cette ville : j’y ai pris mes marques et m’y suis plue. »

Tout doucement, nous arrivons ainsi à la fin de la première moitié de l’année 2010. Après ce mois de mai chargé arrivent cependant encore juin et juillet, marqués, eux, notamment par les parcours remarquables de Tomáš Berdych à Roland Garros et plus encore à Wimbledon. Mais de tout cela nous reparlerons dans la suite de notre rétrospective la semaine prochaine.