Rudolf Chmel, ministre de la Culture slovaque : « L'intérêt des Slovaques pour la politique tchèque est vif mais pas réciproque »

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Direction aujourd'hui Bratislava. Les Slovaques, qui connaissent bien la politique tchèque, se préparent à voter dans une dizaine de jours. Rudolf Chmel est l'actuel ministre de la Culture, dans le gouvernement de droite de Mikulas Dzurinda. Comment les politiciens slovaques observent-ils la situation actuelle à Prague ?

Photo: CTK
Toujours pas de solution en vue pour la formation d'un gouvernement tchèque, alors que le chef de l'ODS a entamé des discussions avec les chrétiens-démocrates et les Verts, toujours indécis. Et la tension ne baisse pas. A Prague, des milliers de personnes se sont réunies sur la place Venceslas pour demander la démission du Premier ministre Jiri Paroubek. Mardi, un député fraîchement élu sur une liste social-démocrate a déjà dénoncé la tentative de corruption dont il aurait fait l'objet pour passer dans le camp adverse. Comment observe-t-on ce qui se joue sur la scène politique tchèque depuis l'étranger ?

Direction aujourd'hui Bratislava. Les Slovaques, qui connaissent bien la politique tchèque, se préparent à voter dans une dizaine de jours. Rudolf Chmel est l'actuel ministre de la Culture, dans le gouvernement de droite de Mikulas Dzurinda.

Comment les politiciens slovaques observent-ils la situation actuelle à Prague ?

« Je pense que les politiciens slovaques espèrent que les Tchèques trouveront une issue à cette impasse, que la responsabilité et la sagesse politiques prévaudront sur les émotions et la passion qui ont dominé la campagne électorale. »

Le Premier ministre slovaque, Mikulas Dzurinda, était venu apporter son soutien à l'ODS pendant la campagne tchèque. Il s'était plaint de la mauvaise image donnée à son pays par les sociaux-démocrates. Un avis que ne partage pas Rudolf Chmel :

« Je ne pense pas que la campagne électorale tchèque ait nuit à l'image de la Slovaquie. La 'carte slovaque' a été utilisée par les deux principaux partis tchèques, dans un sens comme dans l'autre, pour les avantages ou les inconvénients des réformes effectuées par le gouvernement slovaque. D'ailleurs je ne pense pas que les résultats des élections tchèques auront une influence sur les élections slovaques. Les vies politiques des deux pays évoluent désormais paralèllement sans que l'une puisse réellement influer sur l'autre ».

Les Tchèques connaissent assez peu la scène politique slovaque, alors que les différentes crises politiques traversées à Prague sont étroitement suivies depuis Bratislava. Rien d'étonnant, selon le ministre de la Culture slovaque:

« L'intérêt des Slovaques pour la politique tchèque, et pour la culture tchèque dans son ensemble, est beaucoup plus intense que dans le sens inverse. Cela s'explique notamment par le fait que la presse et la littérature tchèques se vendent bien en Slovaquie, et que les chaînes de télévision tchèques, privées comme publiques, y ont toujours une forte audience. Cet intérêt est loin d'être réciproque. »