Santé : la Tchéquie s’apprête à durcir les règles de vente du kratom
La réglementation relative à la vente de kratom en République tchèque devrait être prochainement renforcée. Mercredi, en effet, le gouvernement a présenté un nouveau projet d’amendement allant dans ce sens. Principales conséquences : il faudrait désormais être agé d’au moins 21 ans, au lieu de 18 actuellement, pour pouvoir acheter la substance, tandis que sa vente en ligne devrait être interdite.
Par ailleurs, comme l’a expliqué le Premier ministre, Andrej Babiš, la taxe à la consommation devrait passer du taux réduit à 12 % au taux normal à 21 %, tandis que le montant des droits de licence pour les vendeurs devrait, lui, augmenter de moitié. L’entrée en vigueur de cette nouvelle réglementation est prévue à compter de janvier prochain, et selon la ministre des Finances, Alena Schillerová, son application devrait permettre de faire rentrer quelque 1,2 milliard de couronnes (environ 50 millions d’euros) supplémentaires dans les caisses de l’État.
En République tchèque, le kratom et son extrait, dérivé d’une plante psychotrope originaire d’Asie du Sud-Est vendu sous forme de poudre et souvent utilisé comme substitut à certains opioïdes, est considéré comme une substance psychomodulatrice à faible risque et, en tant que telle, peut être vendu sous certaines conditions strictes. Concrètement aux adultes, à compter donc de 18 ans, et uniquement dans des magasins spécialisés agréés, qui sont également les seuls autorisés à posséder un site de vente en ligne. De même, les clients doivent recevoir des informations de la part des vendeurs relatives à la composition et aux doses recommandées du produit qu’ils en achètent.
En revanche, depuis l’entrée en vigueur, en novembre 2025, d’une nouvelle réglementation adoptée par le précédent gouvernement dirigé par le conservateur Petr Fiala, la vente dans les distributeurs automatiques n’est plus autorisée et la publicité pour le kratom, substance qui offre un effet stimulant et peut même avoir des vertus médicinales en petite quantité, mais possède également un effet sédatif à forte dose, est interdite.
Mercredi, Andrej Babiš a expliqué que la volonté de son cabinet était de lutter contre les substances qu’il a qualifiées de « dangereuses » et, donc, de protéger les mineurs contre le kratom. L’amendement en question, qui prévoit le relèvement de l’âge légal d’achat à 21 ans, le durcissement des conditions de vente, l’augmentation de la TVA ou encore l’instauration d’une taxe d’accise, sera préparé par les ministères des Finances et de la Santé. Le texte devrait être soumis à consultation avant la fin de ce mois mois de juin et la procédure d’approbabtion devrait être raccourcie de manière à ce que le Conseil des ministres puisse se prononcer rapidement.
Selon la ministre des Finances, l’accise sur le kratom devrait alors s’élever à deux couronnes (0,08 euro) par gramme ou par millilitre, et à dix couronnes (0,40 euro9 en cas de concentration plus élevée dans l’extrait. « Un sachet standard de 50 grammes de kratom, qui coûte actuellement environ 250 couronnes (10,20 euros), coûtera 400 couronnes (16,30 euros) lorsque la nouvelle taxation sera appliquée », a précisé Alena Schillerová.
Enfin, selon le ministre de la Santé, Adam Vojtěch, les droits de licence pour les vendeurs ou les fabricants de kratom, ainsi que pour la manipulation de cette substance, devraient également être augmentés de moitié. Actuellement, ils s’élèvent à 200 000 couronnes (8 165 euros) par an pour chaque activité et à 20 000 couronnes (815 euros) par établissement. Dans les magasins agréés, il ne serait désormais plus possible de retirer de colis livrés par des services de messagerie ou provenant de boutiques en ligne, et le kratom ne pourrait plus être vendu aux côtés de denrées alimentaires.
Les magasins disposant d'une licence devraient disposer de vitrines conçues de manière à masquer la vue à l’intérieur. « En tant que ministre de la Santé, je ne peux pas recommander la consommation de kratom… Puisque la réglementation est déjà ainsi définie, nous souhaitons la renforcer afin que le kratom ne soit accessible qu’à ceux qui en subiront le moins de dommages possible », a expliqué Adam Vojtěch pour justifier la position du gouvernement.






