Sarka Zahrobska, première championne du monde tchèque de ski alpin !

Sarka Zahrobska, photo: CTK

« C'est fou : la championne du monde parle tchèque ! » Tel est le la formule choc qu'a choisie, samedi, le journal autrichien Österreich pour commenter le premier titre de champion du monde de ski alpin de l'histoire obtenu par un Tchèque. Cette performance de taille, la République tchèque la doit à Sarka Zahrobska, sacrée nouvelle reine du slalom, vendredi, à Are, en Suède.

Sarka Zahrobska, photo: CTK
Pour la première fois dans l'histoire du ski alpin, une Tchèque est donc montée sur la plus haute marche du podium aux Championnats du monde. Il y a déjà deux ans de cela, à Bormio, en Italie, Sarka Zahrobska avait offert à son pays sa première médaille mondiale en terminant troisième du slalom. Cette fois, toujours dans sa discipline favorite, la jeune Tchèque âgée de 22 ans a fait encore mieux en s'adjugeant l'or.

Déjà en tête à l'issue de la première manche, Zahrobska a su résister à la pression qui pesait sur ses épaules dans la seconde pour finalement signer le quatrième meilleur temps et devancer sur l'ensemble des deux parcours de 11 centièmes de seconde l'Autrichienne Marlies Schild et de 16 centièmes la Suédoise Anja Paerson. Soulagée, la nouvelle championne a livré ses impressions, aussitôt sortie de l'aire d'arrivée. « Une fois la ligne franchie, je me suis rendue compte que pour la première fois, je venais de gagner une grande course, a-t-elle expliqué. Je me suis dit qu'il fallait essayer de profiter au maximum de ces moments-là, quand vous savez que personne n'est devant vous, que plus aucune concurrente ne peut vous dépasser. Pour ce qui est de la course, peu importe que j'étais un peu en retard au temps intermédiaire dans la seconde manche, l'essentiel, c'est le temps en bas de la piste. Mais je suis d'autant plus satisfaite que ce n'était pas évident pour moi : j'avais terminé première de la première manche, je partais donc en dernière de la seconde, c'est une position à laquelle je ne suis pas habituée et je dois avouer que mes nerfs ont beaucoup travaillé. »

Sarka Zahrobska, photo: CTK
Née en février 1985 dans un chalet dans les Monts des Géants, en Bohême orientale, Sarka Zahrobska est rapidement venue au ski. Comme à son frère Petr, lui aussi en compétition lors de ces Mondiaux suédois, ses parents la chaussent d'une paire de skis dès l'âge de deux ans. A l'époque, son père sait déjà qu'il cherchera à faire de sa fille une championne. Pendant vingt longues années, Petr Zahrobsky senior aura donc tout mis en oeuvre, sacrifiant même sa carrière d'avocat, pour parvenir à cet objectif. Ce succès, c'est donc celui de toute une famille, un clan désormais comparé à celui des Croates Kostelic, avec un père autoritaire à la fois chef de famille, entraîneur et manager.

Sarka Zahrobska, photo: CTK
Mais si ce titre mondial est la première grande victoire de Sarka Zahrobska au plus haut niveau, il ne constitue pas cependant tout à fait une vraie surprise. L'ancienne championne du monde junior s'était, en effet, non seulement déjà illustrée lors des précédents Mondiaux italiens, mais elle avait surtout réalisé un début de saison prometteur, avec notamment deux podiums en Coupe du monde, de slalom qui faisait d'elle au moins une prétendante aux places d'honneur. Et puis, en Suède même, Zahrobska avait également confirmé sa montée en puissance une semaine plus tôt en terminant quatrième du combiné, à deux petits dixièmes de seconde du podium, puis douzième du slalom géant quelques jours plus tard après s'être classée deuxième dans la première manche.

Samedi, le lendemain de sa victoire, tous les quotidiens tchèques ont placé leur nouvelle héroïne en première page, saluant l'exploit dans un pays où les plus hauts sommets ne dépassent pas 1600 mètres. Sarka Zahrobska s'apprête donc désormais à vivre une fin de saison agitée sur le plan médiatique, mais se devra de confirmer très vite qu'elle fait bien partie des nouvelles étoiles des sports d'hiver tchèque, aux côtés de Katerina Neumannova en ski de fond, de Jakub Janda en saut à skis, de Martina Sablikova en patinage de vitesse, de Michal Slesingr en biathlon, de Tomas Verner en patinage artistique ou encore de Tomas Kraus en skicross, nouvelle épreuve olympique.

Patinage de vitesse - Coupe du monde : Martina Sablikova confirme encore et toujours

Martina Sablikova, photo: CTK
Et parmi les jeunes talents qui montent, il convient de citer, une nouvelle fois, un nom auquel le public tchèque commence à s'habituer, celui de Martina Sablikova. La Tchèque a remporté, dimanche, à Erfurt, en Allemagne, le 5000 mètres comptant pour la Coupe du monde de patinage artistique. En 6'50''39, Sablikova a réalisé un nouveau record de piste et devancé de plus de sept secondes sa dauphine, l'Allemande Claudia Pechstein, celle-là même qui détient toujours le record du monde de la distance pour seulement 3''48. Un record du monde auquel la Tchèque pourrait d'ailleurs s'attaquer lors des prochains Championnats du monde des épreuves individuelles à Salt Lake City en fin de saison. En attendant, invaincue sur 5000 mètres depuis le début de l'année, Martina Sablikova occupe la tête du classement général de la Coupe du monde des 3000 et 5000 mètres. Il ne lui reste donc plus qu'à terminer au pire troisième lors de l'ultime course, un 3000 mètres, dans deux semaines, pour être assurée du titre.