Treize ans de prison pour l'assassinat d'un Rom

Vlastimil Pechanec, photo: CTK

Vendredi dernier, le tribunal de Hradec Kralove a condamné à 13 ans de prison un skinhead, pour assassinat à motivation raciale d'un Rom.

Vlastimil Pechanec, photo: CTK
Le verdict en question est le deuxième à être prononcé contre un skinhead en 24 heures. Jeudi dernier, nous l'avons dit, le tribunal de Prague 1 a condamné à 7 ans de prison ferme un skinhead qui avait brutalement agressé trois personnes, dont une femme enceinte. Selon le verdict, rendu vendredi par le tribunal de Hradec Kralove, un skinhead de 22 ans, Vlastimil Pechanec, sera envoyé sous les verrous pour 13 ans. En juillet dernier, à Svitavy, il a donné deux coups de couteau à un Rom, Ota Absolon, 30 ans, qui allait succomber aux blessures. Le drame s'est déroulé dans un bar, où Pechanec, tout en criant dehors, les salauds noirs ! a sorti le couteau et donné deux coups au ventre d'Ota Absolon. Le tribunal a qualifié son acte d'assassinat à motivation raciale. Pechanec conteste sa culpabilité. Le verdict n'a pas satisfait la représentante du parquet, Renata Vesecka, qui a demandé une peine plus sévère et envisage de porter l'affaire en appel. Malgré son âge, 22 ans, Vlastimil Pechanec est un récidiviste notoire, extrêmement dangereux. Lors des procès précédents, il s'est déclaré partisan de la race blanche et d'une république sans tziganes ni noirs. Son curriculum pénal est très riche. A l'âge de 16 ans, il a été condamné à un an de prison avec sursis pour avoir organisé une marche de skinheads. En 1997, il a été envoyé derrière les barreaux pour 2 ans, pour une attaque brutale d'un Rom. En 2001, il a dû passer 14 mois en prison pour l'attaque d'un anarchiste, mais il fait appel et reste en liberté. Vendredi dernier, le tribunal lui a infligé 13 ans en prison, pour l'assassinat d'Ota Absolon. Le verdict n'est pas définitif, puisque l'avocat a fait appel. La famille du Rom décédé, père de deux petits enfants, considère la peine comme trop modérée.

Le nombre de crimes à motivation raciale, ainsi que le nombre d'extrémistes de droite, est en progression, en République tchèque. Depuis le début des années 90, les skinheads ont causé la mort de plus de 20 personnes.