Trois Tchèques au sommet de l'Everest, mais avec des sorts différents

Pavel Bem au sommet de l'Everest, photo: CTK

Tandis que la première femme tchèque de l'histoire Klara Polackova, mercredi dernier, puis le maire de Prague, deux jours plus tard, ont gravi le Mont Everest, devenant ainsi respectivement les neuvième et dixième Tchèques à poser le pied sur le toit du monde (8850 m), un autre Tchèque, Libor Kozak, est, lui, décédé le même jour à l'approche du sommet.

Pavel Bem au sommet de l'Everest, photo: CTK
Pavel Bém et Libor Kozak auraient peut-être pu se croiser et se saluer au sommet de l'Everest. Tandis que le maire de Prague a réalisé, accompagné de deux sherpas, ce qui était pour lui un rêve d'enfant peu avant sept heures du matin, Libor Kozak, chercheur reconnu en biologie moléculaire à l'hôpital universitaire de Brno, en Moravie, est lui, mort, au cours de la même matinée, sans doute d'épuisement. Libor Kozak, qui faisait partie d'une autre expédition que celle de Pavel Bém, s'est lancé dans l'ascension finale depuis le Tibet par la face nord avant de faire demi-tour puis de revenir au camp de base situé à 8300 mètres d'altitude. C'est là qu'il a succombé à un malaise, comme l'a confirmé l'ambassadeur tchèque en Inde et au Népal, Hynek Kmonicek :

« Nous savons qu'il a effectivement été victime d'un malaise mais nous ne disposons pas de renseignements supplémentaires sur la nature exacte de celui-ci. Du fait de l'altitude où l'accident s'est produit, de la difficulté du parcours de la descente et des conditions climatiques très changeantes, les autres membres de l'expédition ont décidé de laisser le corps sur place et de ne pas le ramener. »

Libor Kozak sera donc probablement enterré sous le sommet du Mont Everest, comme des centaines d'autres alpinistes avant lui victimes eux aussi de celle que les Tibétains appellent « la déesse mère du monde ».

Avant ce drame, deux autres Tchèques sont arrivés en bonne santé au bout de leurs peines et ont pu admirer les beautés de l'Himalaya depuis son plus haut sommet. Mercredi tout d'abord, Klara Polackova est donc devenue, avec oxygène, la première Tchèque native à vaincre l'Everest, comme Libor Kozak en escaladant sa face nord. Preuve que l'oxygène facilite l'ascension, pas moins d'une trentaine de personnes se trouvaient en même temps qu'elle au sommet.

Enfin, vendredi, le maire de Prague a lui aussi gravi avec succès les derniers des 8850 mètres, mais en choisissant une autre voie depuis le Népal. Absent depuis deux mois de la capitale tchèque pour mener à bien son aventure, Pavel Bém devra désormais vite oublier l'ivresse des hauteurs himalayennes pour se replonger dans les dossiers plus terre à terre qui se sont empilés sur son bureau à la mairie.