Un mois après les attentats terroristes contre les Etats-Unis

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Le 11 septembre, le monde a vécu un choc. Le terrorisme international a attaqué la première puissance mondiale, les Etats-Unis. Un mois après, quelle est la situation en République tchèque ? Par Alain Slivinsky.

La République tchèque, comme tous les pays du monde, est concernée par les actes terroristes du 11 septembre. Le phénomène le plus visible est la perturbation de la circulation, dans le centre de la capitale, Prague. Pourquoi ? Parce que le siège de la station Radio Europe Libre se trouve en plein centre, à côté du Musée national, au bord de la voie de circulation rapide, qui traverse la ville. Les mesures de sécurité, dans les environs du bâtiment, ont été renforcées, des blindés et des soldats en arme le garde. Les milieux officiels tchèques discutent beaucoup, ces derniers temps, du déménagement du siège de la station, dans un endroit moins dangereux et surtout moins stratégique que le centre de Prague. Le ministre de la Défense nationale, Jaroslav Tvrdik, serait pour. Le ministre des Affaires étrangères, Jan Kavan, a mené des entretiens, à ce sujet avec son homologue américain, Colin Powell. Son porte-parole, Ales Pospisil déclare ouvertement, dans le quotidien Lidove noviny : « Nos amis américains sont d'accord avec nous - en ce qui concerne la sécurité, l'emplacement du siège de Radio Europe Libre est des plus dangereux. En effet, Radio Europe Libre diffuse aussi vers l'Irak, un pays auquel cela ne plaît pas, et qui ne voit vraiment pas d'un bon oeil la riposte des alliés aux attentats terroristes du 11 septembre.

Autre conséquence de ces actes, en République tchèque : le gouvernement vient d'adopter le projet de système fondamental de protection des citoyens de la République tchèque contre les produits biologiques et chimiques à haut risque. Toujours dans la même optique : les cours de protection civile seront, de nouveau, dispensés dans les écoles. Une matière qui avait été aboli avec la chute du communisme en Tchéquie. D'un autre côté, la presse indique que le nombre des abris pour les civils est très insuffisant. Même les hôpitaux ne pourraient assurer la sécurité de leurs patients.

Une décision des plus importantes, en relation avec les attentats du 11 septembre : la décision du gouvernement tchèque, adoptée sur la base d'une analyse juridique du vice-Premier ministre, Pavel Rychetsky. Un avion de transport civil commandé par des pirates de l'air, des terroristes, pourrait être abattu par les forces de l'Armée tchèque. Le droit international ne permet pas une telle éventualité, mais les récents événements demandent, certainement, une modification. Le droit tchèque permet une seule éventualité : abattre un avion plein de passagers, quand cette solution permet d'éviter une plus grande catastrophe - par exemple la destruction d'une centrale nucléaire. A qui incombe le pouvoir de donner l'ordre d'abattre un avion civil ? Au ministre de la Défense. A ce sujet, Jaroslav Tvrdik, ministre de la Défense tchèque, a déclaré : « Un avion civil qui est utilisé à des fins terroristes n'est plus un avion civil ».