Un nouveau livre de Vaclav Havel et la création littéraire pour enfants au menu du Monde du Livre

Vaclav Havel et l'actrice Eva Holubova, photo: CTK

C'est l'ex-président tchèque, Vaclav Havel, qui a été, sans conteste, la plus grande vedette, jeudi, de ce salon du livre de Prague qui réunit, jusqu'à dimanche, quelque 400 exposants d'une trentaine de pays. Vaclav Havel y a présenté le premier livre qu'il avait écrit après avoir quitté ses fonctions de chef de l'Etat, il y a trois ans. Un livre très attendu donc, intitulé « Prosim strucne » (« Avec concision, s'il vous plaît »).

Vaclav Havel et l'actrice Eva Holubova, photo: CTK
Vaclav Havel y retrace, d'une part sous forme de dialogue avec le journaliste Karel Hvizdala et d'autre part sous forme d'un journal intime et d'un carnet de voyages, ses vingt précédentes années. Pourquoi avoir attendu trois ans avant de publier ce témoignage ? Vaclav Havel a répondu, dans la presse, ainsi : « J'étais peut-être coincé, je ne sais pas... En tout cas je n'avais pas la moindre envie d'écrire quoi que ce soit, étant donné que je n'avais jamais autant écrit que pendant les dernières années. Je devais rédiger presque chaque week-end mes discours, même quand je n'avais pas d'idées et je n'étais pas vraiment motivé. (...) Mais en même temps, j'ai senti que je devais au public un certain témoignage. Je savais que je n'allais pas écrire de Mémoires classiques, donc j'ai fait au moins ce collage-là. »

Ce vendredi, un débat franco-tchèque autour de la littérature pour enfants et jeunesse a été au menu de la Foire du livre. Une table ronde a réuni les représentants des éditions tchèques Baobab et Thierry Magnier, fondateur et directeur une maison d'édition originale et renommée, qui porte son nom et qui est axée sur des livres de création pour enfants. Comment a-t-il eu l'idée de la monter ?

« J'ai enseigné la littérature, dans un lycée professionnel, et même la phytotechnie, parce qu'au départ, j'ai fait des études horticoles. Après cela, j'ai repris des études de psychopédagogie et j'ai enseigné. Et après avoir enseigné... j'en ai eu marre d'enseigner. Pas marre des enfants et des adolescents que j'adorais, mais surtout de mes collègues. Du coup, j'ai rencontré des amis avec qui j'ai ouvert une première librairie, puis une deuxième, et je me suis amusé comme un fou à jouer le libraire, à vendre les livres ! Je m'apercevais que je n'en lisais pas plus, d'ailleurs. Etre libraire, c'est beaucoup de travail et beaucoup de rapports avec les banquiers. J'en ai eu un peu marre de ça, alors j'ai commencé à travailler pour un groupement de libraires. Avec les libraires de France, Suisse et Belgique, je faisais des animations, de la promotion du livre. Ensuite, j'en ai eu marre encore et je suis rentré chez Gallimard, où j'ai été responsable de tout ce qui était pédagogique. Mais j'en ai eu marre, une fois de plus... En fait, quand je n'ai plus la passion pour quelque chose, j'arrête. J'ai ouvert donc ma maison d'édition qui porte mon nom, depuis neuf ans maintenant. Depuis huit mois, j'ai pris la direction d'Actes Sud Junior, qui est une autre maison d'édition de création. »

Retour sur la littérature de jeunesse en République tchèque et en France très prochainement, dans Culture sans frontières.

Auteur: Magdalena Segertová
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