Une plaque commémorative pour Pavel Tigrid à Paris

Vnuk Pavla Tigrida Rafael v náručí pařížského starosty Delanoëa odhaluje pamětní desku, foto: ČTK

C'est en présence de nombreuses personnalités qu'on a dévoilé à Paris une plaque commémorative du journaliste, écrivain et militant pour les droits de l'homme Pavel Tigrid.

Bertrand Delanoë, photo: CTK
« Merci à Pavel Tigrid de son oeuvre. Merci à Pavel Tigrid de son message auquel nous voulons rester fidèles. Merci à Pavel Tigrid d'être à sa manière un Parisien dont nous sommes fiers. Merci à Pavel Tigrid d'être un si bel exemple de l'amitié entre nos peuples. »

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a rendu un hommage appuyé à Pavel Tigrid. Devant une tribune installée en face de la Banque de France environ deux cents personnes se sont rassemblées pour assister au dévoilement de la plaque commémorative. Dans la foule des émigrés et leurs enfants dont certains vivent toujours à Paris, des amis de la République tchèque aussi et d'anciens dissidents venus de Prague dont Petr Uhl :

« C'est très important parce que c'est notre histoire et notre passé. C'est un meilleur côté de notre histoire. Pavel Tigrid était pour nous un émissaire culturel, politique et social à l'étranger et notamment à Paris. Le fait qu'il y ait tant de monde ici me fait très plaisir et la plaque commémorative aussi. Malheureusement, il n'est plus parmi nous, mais il a quand même vécu à Prague après la Révolution de velours. Il y a ici d'ancien membres et même des membres actuels du Parti communiste, des libéraux, des chrétiens, il y a des gens de la droite démocratique, et ils pensent tous qu'il faut rendre hommage à ce personnage de l'exil tchécoslovaque ; je souligne tchécoslovaque, je ne dis pas tchèque. »

L'ambassadeur de la Républiqe tchèque auprès de l'UNESCO, Petr Janyska, est l'un des initiateurs du projet de la plaque commémorative :

« Le fait que la plaque y soit posée est très important parce que j'espère qu'elle sera mentionnée dans les guides touristiques et que les Tchèques qui connaissaient la revue « Témoignage » rafraîchiront leur mémoire. Cela fait quand même déjà quinze ans que la revue n'existe plus. Elle a cessé de paraître en 1990, parce qu'on n'en avait plus besoin. Donc ceux qui la connaissaient se rappelleront et les générations plus jeunes apprendront que les Tchèques avaient une revue qui s'appelait « Témoignage » et derrière laquelle il y avait cette personnalité emblématique et rare de Pavel Tigrid. Je le rencontrais très souvent, on était amis. Je l'ai rencontré surtout avant son décès, et j'ai pu lui parler du projet de cette plaque et cela lui a beaucoup plus. Si la plaque est là, cela correspond pleinement à ses voeux. »

Vaclav Havel et Ivana Tigrid, photo: CTK
Le principal événement pour les médias français, par ailleurs préoccupés par les prochaines élections, c'était évidement la présence de Vaclav Havel, ancien président, qui a apprécié qu'on rende ainsi hommage à son ami devenu l'un de ses plus proches conseillers :

« Je pense que Pavel Tigrid était lié d'une façon assez spéciale avec la France et avec Paris. Et il est bien que les Français, eux aussi, se rendent compte de son importance qui dépassait les frontières de la Tchécoslovaquie. »

Vaclav Havel restera quelques jours de plus en France où la traduction de son dernier livre vient de sortir.