Vos lettres : les échos du 17 novembre

Novembre 1989

Aujourd’hui, dans le Courrier des auditeurs, nous reparlerons notamment du 19e anniversaire de la Révolution de Velours et de l’image des Tchèques en Europe, dans le contexte de la future présidence tchèque de l’UE - eh oui, c’est un sujet qui vous tient à coeur !

Novembre 1989
« Aujourd’hui, jour férié commémorant la révolution de velours a été sanglant. Des extrémistes ont bravé le pavé pour régler leurs comptes. Donc si je comprends bien la violence est naturelle et non caractéristique d’une couleur de peau ou une race type », remarque, dans son courriel, Philippe Obre de Grand-Bassam, en Côte d’Ivoire, et il continue « Mais c’est surtout le chef de l’Etat qui a connu des moments intenses de travail et qui n’a pu officiellement prendre part à cette rencontre. En effet l’événement de la Révolution de Velours a apporté un changement radical dans la vie de Tchèques. Si bien que sa commémoration est un événement important pour la vie de votre pays. »

M. Obre, vous faites allusion aux affrontements, le 17 novembre dernier, entre partisans de l’extrême droite et policiers dans la ville de Litvinov, en Bohême du Nord. Comme vous le savez de nos émission, les extrémistes ont pris pour cible une cité rom locale. A propos de votre réflexion sur la violence... Les mots de la psychanalyste Helena Klímová me viennent à l’esprit. Dans son article sur l’agression et ses origines, paru en juin dernier dans le journal Lidové noviny, elle caractérise les extrémistes, les néonazis, les membres de sectes religieuses aussi, comme ceux qui, dans leurs enfance ont soit été « soumis à une autorité sans âme, sans tendresse, soit élevés sans règles quelconques et sans modèles à suivre. » « Ils sont dépourvus d’une partie d’âme », écrit la psychanalyste, « et c’est pourquoi ils la cherchent ailleurs. » La différence est toujours perçue, par ses « agresseurs sans âme » (et sans enfance heureuse), comme une menaçe. Sinon, vous avez bien remarqué, M. Obre, l’absence du président tchèque Vaclav Klaus aux cérémonies de commémoration du 17 novembre... Une absence d’ailleurs très critiquée par les médias. Explication du porte-parole du président : Vaclav Klaus avait pris, tout simplement, un jour de repos.

Eric Billain de Coudekerque-Branche, lui non plus n’a pas manqué d’écouter l’émission spéciale 17 novembre, préparée par Jarka Gissübelová et Alena Gebertová. Il nous a écrit : « Une très belle émission commémorative qui revient tout d’abord sur des événements tragiques, pour se terminer sur des chants remplis d’espoir. Un peu plus de fading que d’habitude, mais rien de très gênant ».

Un peu de musique, maintenant. Non, Yvetta Simonová n’était pas une chanteuse-dissidente, on n’a pas entendu sa voix sur la place Venceslas à l’automne 89’... Mais elle vient de fêter ses 80 ans et plus de 50 ans de carrière ! Jacques Augustin a voulu savoir le titre de son double album Best Of édité à cette occasion par la maison de disque Supraphon : il s’appelle « Dárek na památku » - Cadeau souvenir.

« Actuellement, la réception est très mauvaise, la propagation aussi », constate Philippe Marsan de Gujan-Mestras. Le 16 novembre, il nous a écouté (rien n’est impossible) sur un parking à Biganos, en posant son récepteur de poche sur le toit de sa voiture. « Symbolique », écrit-il, « car le parking se trouvait en face de l’Eglise et de la place du monument aux morts. Une pensée pour tous les combattants des deux guerres mondiales, en pensant également aux Tchèques qui ont combattu pour la liberté et la date du 28 octobre 1918 ».

Merci, M. Marsan, pour ce souvenir...

Un grand bonjour à notre auditeur italien (et apparemment polyglote) Paolo Morandotti de Trezzano sul Naviglio qui écoute Radio Prague en français et en espagnol. « Après avoir écouté le Pays du tourisme, j’ai toujours envie de visiter la République tchèque ! A présent, ce sont vos ondes qui me portent votre pays ici ».

Nicolas Sarkozy, photo: CTK
Cela n’arrive pas tous les jours, mais nous en sommes ravis et c’est bien un des objectifs du Courrier des auditeurs : la lettre de Mme Dussel, citée dans le Courrier du 8 novembre et critiquant l’idée du président Nicolas Sarkozy de prolonger, éventuellement, la présidence française de l’UE, cette lettre donc a provoqué une avalanche de réactions. Je cite René Durand d’Orvault : « Je crois qure nous sommes beaucoup à penser comme l’auditrice de Verrières-le-Buisson au sujet de notre actuel président. De toutes façons, j’ai lu quelque part (je ne sais plus où) que l’arrogance ne peut grandir que les petits. »

« En ce qui concerne cette auditrice française, je partage son opinion concernant la maladresse de la diplomatie ‘française’ », écrit Philippe Marsan. Jean Spaeth de Varennes sur Loire conclue, laconique : « Alors vous vous préparez à accéder à la présidence de l’UE en janvier prochain, bon courage, vu la situation actuelle. »

Enfin, l’intéressant commentaire d’Hervé Brien de Talence :

« L’émission satirique, les Guignols de l’info, a montré Nicolas Sarkozy confondant Tchèques, Roumains et Bulgares, et les présentant comme mal habillés et roulant en charrette. Tout ceci relève bien sûr de la caricature mais peut-être aussi de clichés tenaces pour bon nombre de personnes qui ne connaissent pas cette partie de l’Europe. Le propre d’une satire est d’exagérer les traits d’un personnage ou d’une situation et de faire ainsi réagir. Le but a été atteint si j’écoute les réactions des auditeurs et vos commentaires qui semblent dire que les Tchèques sont souvent confrontés à ce genre de situation. Quoiqu’il en soit, le rôle des états membres de l’Union européenne, traité de Lisbonne ratifié ou non, ne semble pas pouvoir être remis en cause et nous attendons votre présidence au 1er janvier 2009. Concernant la position de la République tchèque et des ses dirigeants, cela relève de votre souveraineté. La France a ratifié le traité par un vote du parlement qui représente un majorité politique mais peut-être pas l’opinion majoritaire des Français qui s’était exprimée en 2005. Nous ne pouvons revenir sur l’Union européenne. Alors faisons en sorte que tout ce passe le mieux possible pour tous les pays membres et leurs habitants et n’oublions pas que d’autres pays espèrent pouvoir nous rejoindre pour relever ensemble les défis économiques, climatiques et énergétiques de ce siècle. Les élections au parlement européen auront lieu en 2009, alors exprimons nous à ce moment là. Bonne semaine à tous et très sincères amitiés radiophoniques et tchécophiles (et si j’osais européennes..) »

C’est une bonne fin de ce numéro du Courrier des auditeurs, je pense. Merci pour votre fidélité, vos lettres, courriels et rapports d’écoute. A très bientôt sur Radio Prague !