A la veille de la fête nationale

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Bien que la République tchèque indépendante ait vu le jour le 1er janvier 1993, elle célèbre une journée nationale tout aussi importante, le 28 octobre. En effet, c'est le jour de la naissance, en 1918, de la Première République tchécoslovaque, le premier état indépendant des Tchèques et des Slovaques. A la veille de cette fête nationale, un petit coup d'oeil sur certains quotidiens tchèques.

Les armoiries d'Etat de 1920
En feuilletant la presse quotidienne tchèque du 27 octobre, on remarque que presque tous les grands quotidiens publient un supplément ou une page spéciale consacrés à la fête nationale du 28 octobre. Pourtant, Mlada fronta Dnes, par exemple, n'y consacre que le tiers de sa quatrième page. L'article intitulé « Un grand événement dans l'histoire, le 28 octobre 1918 - quels sont les autres ? » rappelle les grands moments de l'histoire tchèque et cite l'historien Dusan Trestik. Il affirme que cette date, quand même, fait partie des plus importantes, car la Première République tchécoslovaque était, parmi les Etats européens aux prises avec le nationalisme, le communisme, les renversements et même des litiges locaux, une démocratie stable, cela grâce à son premier président, T. G. Masaryk.

Le quotidien économique, Hospodarske noviny, présente en page onze les idées tchèque, slovaque et allemande sur le 28 octobre. Petr Pithart, premier vice-président du Sénat, effectue une comparaison entre deux étapes décisives dans l'histoire de la nation tchèque : la naissance de la Tchécoslovaquie en 1918 et la chute du communisme en 1989 qui a conduit à l'apparition de la Tchéquie indépendante. Il constate que beaucoup de choses ont changé, mais pas autant qu'on l'espérait à l'époque et exprime la constatation : Nous sommes pareils, avant et après. Le journaliste slovaque, Stefan Hrib, écrit que les Slovaques, après la partition de cette Tchécoslovaquie née le 28 octobre 1918, considèrent cette date sous une autre optique, leur sensation d'une certaine domination tchèque ayant disparue. Pour Hrib, « c'est une très belle date, celle d'une tentative de démontrer que deux sont plus capables qu'un seul, mais aussi l'anniversaire nostalgique d'une patrie perdue ».

Photo: Archives de Radio Prague
C'est le quotidien national, Lidove noviny, qui consacre le plus de place à la fête nationale, avec un supplément spécial de quatre pages intitulé tout simplement « La Tchécoslovaquie ». Les différents auteurs ont choisi le thème des rapports entre les Tchèques et les Slovaques, mais aussi les paradoxes. Par exemple, bien que les deux pays se soient séparés, divisant ainsi la Tchécoslovaquie, ils se sont retrouvés au sein de l'Union européenne. Alors que la Slovaquie, au temps de l'ère du gouvernement de Vladimir Meciar, faisait figure de brebis galeuse parmi les candidats à l'élargissement de l'Union européenne ou de l'OTAN, ce fut la Tchéquie qui lui vint en aide. Aujourd'hui, la Slovaquie serait un élève modèle de l'Union, après avoir réalisé des réformes audacieuses, mais Lidové noviny constate que cela dépend des critères. Un autre article s'intéresse aux échanges culturels et constate que les artistes, acteurs, chanteurs slovaques se produisent beaucoup plus souvent en Tchéquie que les artistes tchèques en Slovaquie. Les Slovaques lisent beaucoup plus le tchèque que vis versa. Ils comprennent aussi beaucoup mieux la langue de leur voisin, ceci étant dû, d'après les sociologues au fait qu'une grande partie de la Slovaquie capte les programmes des chaînes de télévision tchèques. La rivalité entre la Tchéquie et la Slovaquie existe toujours, mais dans un autre esprit, on pourrait dire sportif, car elle apparaît surtout lors des rencontre sportives internationales, mais conserve un caractère bon enfant. Un peu de science-fiction dans le supplément de Lidové noviny avec Ondrej Neff et sa vision de ce que serait la Tchécoslovaquie si elle existait encore en 2005... Elle aurait 87 ans le 28 octobre.