A Rožná, la dernière mine d’uranium en Europe centrale a été fermée

La mine d'uranium à Rožná, photo: ČTK

L’exploitation d’uranium en République tchèque, et en Europe centrale, c’est fini. Ne serait-ce que pour le proche avenir. La dernière mine encore en activité, à Rožná, dans la région de Vysočina (centre du pays), a mis un point final, jeudi, à une histoire longue de soixante ans.

La mine d'uranium à Rožná, photo: ČTK
A la frontière entre la Bohême et la Moravie, c’est là que se trouvait la plus grande mine d’uranium encore en activité au sein de l’Union européenne. Le minerai qui en était extrait à plus de 1 000 mètres de profondeur servait essentiellement de combustible pour alimenter les réacteurs des deux centrales nucléaires que compte le pays à Temelín et Dukovany. Il y a quelque temps encore, environ 300 tonnes étaient extraites du gisement à l’année ; un chiffre presque dérisoire à l’échelle internationale, mais qui faisait néanmoins de la République tchèque, très loin derrière le Kazakhstan, le Canada et l’Australie leaders dans le monde, le premier producteur d’uranium de l’UE.

Depuis la découverte du gisement en 1956 et le début de son exploitation un an plus tard, près de 17 millions de tonnes de minerai en ont été extraites. Les organisations environnementales se sont bien entendu félicitées de cette fermeture. Elles espèrent désormais que des moyens seront mis en œuvre pour financer l’assainissement du site. Depuis 1989 et la fin du régime communiste en Tchécoslovaquie, on estime à 40 milliards de couronnes (1,5 milliard d’euros) le montant de la somme consacrée à cette fin. 60 milliards supplémentaires (2,25 milliards d’euros) seront encore nécessaires.