Accueil chaleureux à Prague du Premier ministre slovaque malgré ses deux alliés encombrants

Robert Fico et Jiri Paroubek, photo: CTK

Robert Fico, le nouveau Premier ministre slovaque, était à Prague samedi pour son premier déplacement officiel à l'étranger depuis sa nomination. Il a été chaleureusement accueilli par le chef du gouvernement sortant, Jiri Paroubek, qui s'était rendu à Bratislava pendant la campagne pour soutenir son partenaire social-démocrate.

Robert Fico et Jiri Paroubek, photo: CTK
Pourtant, la stratégie post-électorale de Robert Fico n'a pas plu à tout le monde au sein du groupe qui rassemble socialistes et sociaux-démocrates au Parlement européen, le PSE. Ses alliances avec le parti de Vladimir Meciar (LS-HZDS) et l'extrême-droite (SNS) de Jan Slota - deux alliés plus qu'encombrants pour quelqu'un qui se veut être un homme de gauche - lui ont valu d'être convoqué à Strasbourg pour s'expliquer.

A Prague, le Premier ministre slovaque a tenu à rassurer. Il a estimé que son gouvernement devrait être évalué d'après le travail effectué et non selon des préjugés : « Ni M. Meciar ni Monsieur Slota ne sont membres du gouvernement qui est un gouvernement pro-européen, et ils n'exercent aucune fonction au sein des institutions de la République. »

Jiri Paroubek a ajouté que les socialistes européens « devraient prendre la chose de manière plus rationnelle ». Le quotidien pragois Hospodarske noviny note dans son édition de lundi que l'attitude des sociaux-démocrates tchèques tranche avec celle adoptée il y a six ans par Milos Zeman, « dont le gouvernement s'était activement joint à l'isolation diplomatique de l'Autriche » après l'entrée du parti de Jörg Haider dans la cabinet viennois. Le journal précise que l'attitude de Jiri Paroubek a été critiquée par quelques députés européens issus de son parti, qui dénoncent un manque de consultation au sein du CSSD sur la question.

Robert Fico et Jiri Paroubek, photo: CTK
Les relations tchéco-slovaques sont donc officiellement au beau fixe. R. Fico et J. Paroubek, dans leur élan, ont seulement regretté les nouveaux problèmes de communication entre les jeunes générations tchèque et slovaque. « J'ai utilisé l'exemple de mon propre foyer, a dit Robert Fico, où j'ai un fils de 12 ans qui a du mal à comprendre la télévision tchèque et me demande souvent la signification des mots employés ».

Quelque peu nostalgique, le Premier ministre tchèque a quant à lui rappelé le temps où, chaque lundi, la télévision publique proposait des programmes en slovaque pour tous les citoyens de la Tchécoslovaquie. Aujourd'hui, la correspondante de la télévision publique tchèque à Bratislava est la seule voix slovaque que peuvent régulièrement entendre les téléspectateurs tchèques.

Jiri Paroubek a également renouvelé le souhait de voir la marque « made in Czechoslovakia » - gage de qualité dans de nombreux pays, selon lui -utilisée à nouveau pour attirer les clients et les touristes d'autres continents.