Après le passage d’une violente tornade en Moravie, l’heure des comptes et de la solidarité

Moravská Nová Ves

Le sud-est de la Tchéquie s’est réveillée meurtrie ce vendredi matin, après le passage d’une tornade de force 3 voire 4, jeudi en début de soirée. Au moins cinq morts sont à déplorer, et quelque 150 blessés ont été pris en charge par les secours, dont certains sont encore hospitalisés. Alors que les dégâts matériels sont considérables, certaines communes ayant été en partie rasées, la solidarité s’organise.

« Un champ de bataille », « un paysage d’apocalypse ». Les commentateurs et la scène politique n’avaient pas de mots assez forts ce vendredi matin pour décrire les scènes de désolation laissées par la tornade qui a frappé une partie de la Moravie du Sud, à la frontière avec l’Autriche. Dans certains endroits, ce sont des grêlons de la taille de balles de tennis qui sont tombés, détruisant entre autres certaines fenêtres du château de Valtice.

Au sortir d’une longue nuit où certaines communes se sont retrouvées fermées en raison de fuites de gaz, des milliers de foyers étaient encore privés d’électricité, les transports publics et la circulation étaient encore largement perturbés. Sous un soleil matinal presque indécent, les habitants commençaient à évaluer les dégâts matériels dus à la catastrophe naturelle. Plusieurs villages ont été quasi entièrement dévastés, comme celui de Hrušky, comme le décrivait vendredi soir, Marek Babisz, son adjoint au maire :

L’église à Hrušky | Photo: Petr Tichý,  ČRo

« L’église n’a plus de toit, le clocher est détruit, l’école primaire n’a plus de toiture non plus, de nombreuses maisons sont dévastées. Sept personnes ont été blessées. C’est vraiment atroce. Nous étions fiers de notre commune, jusqu’en fin d’après-midi, c’était vraiment une belle commune que nous nous efforcions de rendre plus agréable à vivre. Maintenant, nous devons redémarrer à zéro. Mais nous avons de la chance : aucune victime n’est à déplorer, même si nous avons quand même deux blessés graves. Quant aux dégâts matériels, on peut toujours les remplacer. »

Voitures retournées, toitures arrachées, vitres brisées, arbres, parfois centenaires, déracinés, maisons dévastées : des scènes qu’on a plus l’habitude de voir dans certains Etats américains qu’au cœur de l’Europe centrale… Ce n’est pourtant pas la première fois que la Tchéquie est touchée par ce type de phénomènes naturels dévastateurs, mais, selon les services météorologiques du pays, celle de jeudi est sans aucun doute la plus puissante de son histoire moderne.

En lieu et place du chef du gouvernement Andrej Babiš (ANO), retenu jeudi soir à Bruxelles en raison du mauvais temps mais attendu dans la région cet après-midi, c’est le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur Jan Hamáček (ČSSD) qui s’est rendu ce vendredi matin sur les lieux :

Photo: Marek Sitař,  ČTK

« Tôt ce matin, j’étais dans la commune de Hrušky, maintenant, je suis ici à Lužice. Je tiens à remercier tous les services de secours pour leur engagement, ils ont travaillé toute la nuit dans des conditions très difficiles. Ce sont ces secours déployés lors d’événements exceptionnels qui sont et vont rester en première ligne pour l’instant. Des équipes USAR spécialisée dans la recherche de personnes ensevelies dans les décombres ont été envoyées dans certaines communes. Une fois la phase de secours terminée, il va falloir reconstruire et cela va coûter de l’argent. Avec la ministre des Finances et les maires, nous examinons ce que nous pouvons apporter comme aide à ce niveau-là. »

Car la question de l’aide financière va s’avérer cruciale dans un pays déjà profondément touché par la crise sanitaire et qui s’apprête, dans ce contexte tendu, à se rendre aux urnes en octobre prochain pour renouveler ses représentants au Parlement.

De nombreuses ONG ont d’ores et déjà lancé des appels aux dons pour venir en aide aux populations sinistrées.

La ministre du Travail et des Affaires sociales, Jana Maláčová, a annoncé le déblocage d’une aide immédiate pouvant aller jusqu’à 58 000 couronnes, via le Bureau du travail. Présente dans les communes sinistrées, la ministre des Finances, Alena Schillerová a également promis une aide financière qui devrait être approuvée dans les jours prochains :

Moravská Nová Ves | Photo: Václav Šálek,  ČTK

« Je suis en contact avec le président de la région de Moravie du Sud à qui j’ai dit que j’allais proposer de renforcer le fonds destiné aux situations de crise, un fonds qui représente 10 millions de couronnes. A l’heure actuelle, il est épuisé en raison du Covid, mais je vais demander son renforcement. La région devrait ainsi pouvoir recevoir de l’argent pour les choses indispensables comme l’hébergement. Le président de région a déclenché l’état d’alerte, une procédure nécessaire pour que les entreprises puissent être mobilisées dans l’optique d’une reconstruction rapide et d’une livraison prioritaire du matériel. »

Photo: Václav Šálek,  ČTK/AP

La solidarité transfrontalière s’est aussi exprimée, la Slovaquie voisine ayant envoyé sept ambulances dans la région. A quelques kilomètres à peine des communes dévastées, l’Autriche limitrophe a envoyé l’aide la plus conséquente, avec plus de cent soignants, deux hélicoptères et trente ambulances. Trente personnes ont été prises en charge et enfin, trois blessés graves admis dans des hôpitaux autrichiens.

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