Beyrouth : la Tchéquie tente d’apporter de l’aide au Liban meurtri

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Le bilan des explosions survenues mardi soir dans le port de Beyrouth ne cesse de s’alourdir. Pour venir en aide aux autorités libanaises, le gouvernement tchèque a notamment entrepris d’acheminer sur place une équipe de secours et de l’aide humanitaire.

Beyrouth, photo: ČTK/AP/Hassan Ammar

Les ministres tchèques sont officiellement en vacances en ce début du mois d’août, mais le drame vécu par le Liban a incité plusieurs membres du gouvernement à exprimer leur solidarité et à annoncer le déblocage rapide de moyens de secours.

« Je suis choqué par l’explosion massive de Beyrouth, mes pensées vont aux familles des victimes, nous sommes avec le peuple du Liban et prêts à apporter notre aide », a indiqué le chef de la diplomatie tchèque quelques heures après les faits. Tomáš Petříček a ensuite annoncé que la Tchéquie allait faire parvenir dans la capitale libanaise de l’aide humanitaire à hauteur d’une dizaine de millions de couronnes.

Mercredi matin, son collègue de l’Intérieur, Jan Hamáček, a apporté des précisions sur l’aide que Prague allait pouvoir apporter :

Jan Hamáček, photo: ČTK/Ondřej Deml

« Ce qui s’est passé hier à Beyrouth est une immense tragédie. J’ai exprimé mes condoléances aux familles des victimes et souhaité un prompt rétablissement à tous les blessés. Cette explosion a été dévastatrice, la situation est compliquée dans un Liban qui va avoir du mal à la maîtriser tout seul. La République tchèque a été un des premiers pays à offrir de son aide. Nos pompiers ont une équipe USAR spécialisée dans la recherche de personnes ensevelies dans les décombres. Après l’accord de la partie libanaise, nous allons envoyer ce mercredi après-midi vers Beyrouth cette équipe composée de 37 personnes, dont cinq maîtres-chiens, un spécialiste en statique, un médecin et des pompiers de Prague et de la région de Moravie-Silésie. »

Par ailleurs, le ministre tchèque de la Santé Adam Vojtěch a indiqué mercredi midi qu’une dizaine de patients blessés à Beyrouth allaient pouvoir être pris en charge par des hôpitaux tchèques spécialisés dans le traitement des grands brûlés.

Beyrouth, photo: ČTK/AP/Hassan Ammar

Les déflagrations auraient été provoquées par 2 750 tonnes de nitrate d'ammonium non sécurisées stockées au niveau du port, selon le Premier ministre libanais Hassan Diab, qui a lancé « un appel urgent à tous les pays amis et les pays frères qui aiment le Liban à se tenir à ses côtés et à nous aider à panser nos plaies profondes ».

Le dernier bilan serait d'au moins 100 morts et plus de 4 000 blessés a indiqué mercredi la Croix-Rouge libanaise. « Nos équipes poursuivent leurs recherches et opérations de secours dans les zones environnantes », a ajouté l'organisation dans un communiqué. Les hôpitaux de la capitale, déjà confrontés à la pandémie de Covid-19, sont saturés.

La créatrice de mode tchèque Blanka Matragi, qui vit avec sa famille à Beyrouth, se trouvait à 8km du port mais a aussi fortement ressenti l’explosion. « Mes couturières, qui se situaient elles à 12 km de l’explosion, l’ont aussi ressentie » a-t-elle raconté au quotidien Lidové noviny avant de décrire une « atmosphère de désespoir » dans la capitale d’un pays qui était déjà en train de sombrer dans une crise profonde avant ce drame.