Chris Marker à l'honneur du 11e Festival du film documentaire de Jihlava

r_2100x1400_radio_praha.png

Politiques et provocateurs veulent être les films à l'affiche du festival international du film documentaire, inauguré ce mardi dans la ville de Jihlava.

Marek Hovorka
Depuis 11 ans, la ville de Jihlava, à mi-chemin entre Prague et Brno, accueille le festival du film documentaire du monde entier. Pour marquer l'entrée du festival dans sa deuxième décennie d'existence, sa 11e édition propose une très riche programmation et des thèmes qui provoquent. Pendant cinq jours, le public aura l'occasion de découvrir 170 films documentaires sélectionnés parmi 1500 titres, dit le jeune directeur du festival, Marek Hovorka :

« Les films proposés cette année par le festival de Jihlava jouent avec le feu, dans le sens qu'ils essayent de présenter des opinions sur les personnes ou les situations qui ne sont pas encore des opinions établies, dont on ne sait pas encore si elles sont bonnes ou mauvaises, sur lesquelles la société est divisée ou qui font l'objet d'interprétations diverses. J'ai à l'esprit le film de Robert Sedlacek : « Milos Zeman, nécrologue d'un politicien ou l'éloge de Vysocina, » qui est un portrait de l'ex-premier ministre, Milos Zeman, ou le film de Radim Prochazka « L'attentat de papier » qui jette un regard sur ce qu'on a appelé l'attentat de Sarajevo contre Vaclav Klaus, en 1997, et qui montre ce qui s'était alors réellement passé dans la société tchèque... »

Milos Zeman, nécrologue d'un politicien ou l'éloge de Vysocina
Effectivement, la collection « La joie tchèque » qui comprend les 13 films documentaires tchèques en compétition pour le Grand prix reflète le passé politique plus et moins récent. Ainsi, à l'affiche du festival, aussi, le thème du radar américain et son éventuelle installation sur le territoire tchèque. Ou encore, le documentaire de Andrea Culkova qui pose la question de savoir si la RT doit accueillir les Jeux olympiques...

Quant à la création mondiale, la section des films retenus pour la compétition propose des titres déjà auréolés de prix internationaux aussi bien qu'inédits. Là aussi, on trouve des thèmes politiques controversés tels «L'avocat de la terreur, » histoire d'un avocat qui défend un fasciste. La gamme des thèmes est toutefois plus large que dans la section tchèque. Ainsi, des films sur l'ancienne communauté des hippies au Mexique, sur les immigrés africains, sur la vie d'un musulman aux Etats-Unis et sur l'héritage de la dictature militaire en Argentine sont à voir à Jihlava. La section élargie intitulée « Entre les mers » propose 17 films des pays entre les mers Balte et Noire.

La rétrospective sera dominée par le bloc de films consacrés à la création du célèbre réalisateur de documentaires français, Chris Marker. Une section spéciale est dédiée à la création israélienne contemporaine. Le jury est composé de cinéastes, philosophes, poètes, peintres et aussi, des habitants de la ville de Jihlava. « Nous ne voulons pas un compromis, mais un choix personnel » explique Marek Hovorka. Le festival se tient à Jihlava jusqu'au 28 octobre.

Pour le programme complet, consultez le site : www.dokument-festival.cz