Déficit public : la République tchèque se fait tirer l'oreille à Bruxelles

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La Commission européenne a vivement critiqué la République tchèque, mercredi, pour le mauvais état de ses finances publiques. Concrètement, Bruxelles reproche à Prague de ne pas respecter son engagement de réduire la part de son déficit public pour 2007 à un niveau inférieur à 3,3 % de son produit intérieur brut. Or, selon les estimations, la part du déficit du budget de l'Etat devrait encore augmenter et représenter environ 4 % du PIB. Des chiffres qui font planer de sérieux doutes sur le moment de l'adoption de l'euro en République tchèque.

Photo: Commission européenne
Certes, le gouvernement tchèque n'a fixé aucune date concrète pour l'adoption de la monnaie unique européenne. L'année dernière, cependant, l'échéance initialement envisagée de 2010 avait été repoussée, justement car le cabinet était déjà dans l'incapacité de maîtriser le déficit public et de respecter le programme de convergence du pays. Ce programme constitue une sorte de plan devant mener la République tchèque à adopter l'euro.

A Prague, personne n'a été surpris par la critique émise par la Commission européenne, pas même le ministre des Finances, Miroslav Kalousek, en poste depuis le mois de janvier et la formation du nouveau gouvernement :

Miroslav Kalousek, photo: CTK
« Bien entendu, cette critique est désagréable, mais ce qui est encore plus désagréable est le fait que cette critique est tout à fait objective et justifiée. Après plusieurs années de forte croissance économique, la République tchèque n'avait pas et n'a toujours pas aujourd'hui de raison valable de posséder un déficit d'une telle ampleur. Notre économie a évolué de manière dynamique et pourtant le fossé s'est creusé entre les recettes et les dépenses dans le budget de l'Etat. La raison en est l'irresponsabilité politique. »

Cette irresponsabilité politique, c'est précisément ce que reproche la Commission européenne, qui regrette que la République tchèque n'ait pas profité de ses années de forte croissance économique pour réduire son déficit excessif. La Commission déplore même que le budget pour l'année 2007 comprenne d'importantes augmentations des dépenses, alors qu'une réaction s'impose.

Pourtant, en 2006, la part du déficit était descendue en dessous des 3 % du PIB, condition sine qua non à respecter au moins deux ans et demi avant l'adoption de l'euro. Mais durant les mois précédant les élections législatives de juin dernier, la coalition gouvernementale à majorité sociale-démocrate a adopté toute une série de mesures comme le doublement du montant de l'allocation parentale et de la prime de naissance qui, aujourd'hui, pèsent lourd dans la balance.

Autant de raisons qui font que la République tchèque envisage désormais l'adoption de la monnaie européenne pour 2012 au plus tôt. Mais pour cela, la réforme de ses finances publiques, qui sera débattue début juin par les députés, s'avère indispensable. Et si d'ici au printemps 2008, le gouvernement ne parvient toujours pas à mieux maîtriser le déficit budgétaire du pays, alors il risque de voir l'arrivée d'argent en provenance des fonds européens être suspendue.