Réduction du déficit budgétaire : l'UE veut contraindre Prague à tenir ses promesses

Photo: Commission européenne

Les ministres des Finances des 27 ont adopté, mardi, à Luxembourg, des recommandations faites à la République tchèque afin que celle-ci réduise dans un proche avenir son déficit des finances publiques. Concrètement, et comme cela était attendu, l'Union européenne entend à ce que le gouvernement de Mirek Topolanek adopte les mesures nécessaires afin que, dès l'année prochaine, la part de son déficit budgétaire ne soit pas supérieure à 3 % du produit intérieur brut du pays, une condition indispensable pour l'introduction à terme de l'euro.

Le ministre des Finances Miroslav Kalousek, photo: CTK
En se rendant à Luxembourg mardi matin, le ministre tchèque des Finances, Miroslav Kalousek, savait ce qui l'attendait : une critique de ses collègues européens. Cette critique justifiée est une réaction à l'engagement non tenu pris il y a quelque temps par la République tchèque selon lequel le budget 2007 ne serait pas bouclé avec un déficit supérieur à 3,3 % du PIB. Or, d'ores et déjà, Miroslav Kalousek lui-même estime que ce déficit devrait plutôt se situer à 3,6 % à la fin de l'année, tout en précisant qu'il ne s'agissait là que d'une estimation et d'un chiffre « très relatifs », tandis que certains spécialistes, au vu de l'évolution actuelle du budget, prévoient que cette part pourrait représenter jusqu'à 4 % du PIB.

Pour enrayer cette tendance, les ministres de l'UE ont donc adopté trois recommandations présentées préalablement par la Commission européenne à l'égard de la République tchèque. La première est de réduire de 0,75 point le déficit par rapport à cette année afin que, deuxième recommandation, celui-ci ne dépasse pas 3 % dès 2008. Deux recommandations dont Miroslav Kalousek assure qu'elles seront respectées:

« C'est le rôle de chaque ministre des Finances de maintenir le déficit budgétaire en dessous de la limite des 3 %. Et il ne s'agit pas seulement de tenir une promesse, mais il s'agit là de quelque chose dont je ne doute pas de la réalisation. »

Photo: Commission européenne
Rappelons que le budget de l'Etat adopté par le gouvernement pour 2008 prévoit un déficit d'un peu plus de 2,5 milliards d'euros, un chiffre censé représenter un peu moins de 3 % du PIB selon les calculs du gouvernement, mais pas ceux de l'UE qui menace, par conséquent, d'infliger des sanctions à Prague en coupant les dotations qui lui sont versées.

Enfin, au-delà de cette limite des 3 % pour l'année prochaine, la troisième recommandation, à moyen terme, vise à ce que le déficit budgétaire soit inférieur à 1 % du PIB au plus tard en 2012. Sur ce point, le ministre tchèque des Finances s'est déclaré plus sceptique, en expliquant que cette part de 1 % ne pourrait être obtenue que si de nouvelles vastes réformes des finances publiques étaient adoptées, ce qui est encore loin d'être acquis pour l'instant.