Des eaux minières profondes au liquide amniotique, les microplastiques sont partout
Vous reprendrez bien un peu de plastique avec votre verre d’eau ? Des chercheurs de l’Université technique d’Ostrava (VŠB-TUO) ont annoncé, lundi, pouvoir confirmer la présence de particules dans les eaux minières très profondes. Au-delà de son aspect scientifique, une découverte guère réjouissante.
Les échantillons d’eau ont été prélevés sur deux sites miniers des environs d’Ostrava, dans la région tràs industrielle de Moravie-Silésie, à une profondeur de 700 mètres sous la surface de la terre ainsi que, à des fins de comparaison, sur deux puits voisins peu profonds. L’objectif des recherches menées était de déterminer si les microplastiques, héritage au long cours de la pollution plastique, peuvent également contaminer des eaux aussi profondes.
La réponse ? Positive, comme l’a démontré l’analyse des échantillons à l’aide de la microspectroscopie infrarouge. Parmi les matériaux identifiés figurent notamment le polytéréphtalate d’éthylène, mieux connu sous le nom de PET, ou encore des polyesters et du polypropylène, autant de polymères de grande consommation.
Le terme « eaux minières » regroupe tous les types d’eaux retrouvées sur un site minier, incluant les eaux de surface, les eaux issues des opérations et les eaux souterraines.
Les résultats obtenus témoignent d’une pollution causée par l’activité humaine, remettant ainsi en cause une potentielle utilisation des eaux minières comme source à l’avenir. Menée par des chercheurs de la Faculté des mines et de géologie de l’Université technique d’Ostrava, l'étude en question a été réalisée en coopération avec Diamo, une société publique spécialisée dans l’élimination des conséquences de l’exploitation des mines d’uranium, de minerai de fer ou encore de houille.
Elle apporte une preuve supplémentaire que les microplastiques ont très probablement déjà pollué toutes les sources d’eau, y compris celles se trouvant à plusieurs centaines de mètres de profondeur.
Les chercheurs ont également examiné la quantité, la forme, la couleur et la taille des particules trouvées. Le nombre de microplastiques dans les échantillons varie de 2,5 à 20 par litre d’eau. La fibre est leur forme la plus courante, le bleu leur couleur la plus fréquente, tandis que leur largeur s'étale de 1 à 50 micromètres et leur longueur de 100 à 500 micromètres.
Tous ces résultats confirment que les microplastiques sont présents non seulement dans les nappes d’eau souterraine ordinaires, mais aussi dans celles beaucoup plus profondes. Leur abondance est étonnamment importante dans le cas des eaux minières ; elle est même comparable au nombre de particules trouvées dans des échantillons d’eau tirée à quelque cinq mètres de profondeur, là où la probabilité de contamination est pourtant plus élevée.
Des microplastiques aussi dans le liquide amniotique et le placenta
Le mois dernier, en collaboration avec des médecins de l’Hôpital universitaire d’Ostrava, les chercheurs de l’Université technique d’Ostrava (VŠB-TUO) avaient également annoncé avoir démontré la présence de particules à la fois dans le liquide amniotique et le placenta.
Les chercheurs, qui affirment qu’il s’agit là d’une première mondiale, souhaitent désormais poursuivre leurs recherches et évaluer comment ces microplastiques peuvent endommager un fœtus ou compliquer une grossesse.
« Les premières informations sur la présence de microplastiques dans le placenta ne remontent qu’à 2021 et sont donc très récentes. C’est très surprenant car jusqu’alors, on supposait que le placenta jouait un rôle important dans la protection de l’environnement intra-utérin dans lequel la nouvelle vie se développe », avait expliqué Ondřej Šimetka, directeur de la Clinique de gynécologie et d’obstétrique. Ce dernier a précisé que les recherches menées à Ostrava portent non seulement sur la présence de microplastiques dans le placenta, mais aussi dans le liquide amniotique, chose qui n’avait encore jamais été étudiée auparavant.