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5) Le chien tacheté tchèque

Le chien tacheté tchèque
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Place aujourd’hui à un pedigree initialement créé pour des tâches bien peu éthiques : le chien tacheté tchèque.

'Le chien tacheté tchèque ou le chien de laboratoire de Horák' | Photo: Tomáš Hasil,  Irena Hochmanová,  'Český strakatý pes aneb Horákův laboratorní pes'/Samostatný klub chovatelů a přátel českého strakatého psa

L’histoire du chien tacheté tchèque (« český strakatý pes ») a commencé il y a environ 70 ans, dans un institut de recherche où l’éleveur František Horák cherchait à obtenir un chien utilisable en laboratoire. Un chien qui devait donc être calme et doux, mais aussi facile à soigner et à faire se reproduire. C’est ainsi qu’est né celui que l’on a alors appelé le « Horákův laboratorní pes », le chien de laboratoire de Horák : un chien tricolore de taille moyenne (40-55 cm au garrot) et à taches blanches, au poil court ou long, issu d’un croisement aux origines assez incertaines, comme l’explique la cynologue Vladimíra Tichá :

« Il donne un peu l’impression d’être un chien bâtard. On ne sait pas trop de quels pedigrees il est le croisement ; on pense néanmoins qu’il a du fox-terrier, mais peut-être aussi du berger allemand. »

Photo repro: Tomáš Hasil,  Irena Hochmanová,  'Český strakatý pes aneb Horákův laboratorní pes'/Samostatný klub chovatelů a přátel českého strakatého psa

Chiens de chasse, de garde ou de compagnie… à la vie, à la mort

De tous temps, les chiens ont été croisés à des fins utiles aux humains. Vladimíra Tichá rappelle les principales tâches qui leur ont été assignées et fonctions qui leur ont été attribuées :

Le chien tacheté tchèque | Photo: Pavlína Zábranská

« Si l’on se penche sur l’histoire des races de chiens, on constate qu’elles ont toutes été créées pour faire un travail précis. Les premières étaient des races de chasse ; ensuite, il y a eu des races de bergers, puis des races élevées pour monter la garde auprès des hommes et de leurs biens. A l’époque de la Rome antique, il existait également des races de chiens de guerre, utilisées à des fins militaires. Le Moyen Âge a vu apparaître des races d’agrément, dont on disait qu’ils tenaient compagnie et réchauffaient les dames des nobles partis en guerre. Enfin, certaines races ont été créées d’un point de vue religieux, par exemple le chihuahua, élevé pour accompagner les morts dans l’au-delà. »

D’ingrates tâches pour le chien à taches

Pour le chien tacheté tchèque, que les Tchèque appellent familièrement « strakáč », l’objectif du croisement n’était nullement laborieux, militaire ni spirituel. Vladimíra Tichá :

'Le chien tacheté tchèque ou le chien de laboratoire de Horák' | Photo repro: Tomáš Hasil,  Irena Hochmanová,  'Český strakatý pes aneb Horákův laboratorní pes'/Samostatný klub chovatelů a přátel českého strakatého psa

« L’objectif de l’éleveur František Horák était d’obtenir une race capable de changer fréquemment de propriétaire et qui se laisse faire, car c’était un chien destiné aux expériences. Parmi les expériences faites sur les ‘chiens de laboratoire de Horák’, les chercheurs ont essayé de prouver qu’ils pouvaient être atteints d’épilepsie. D’une façon générale, un certain nombre d’expériences ont été réalisées sur des chiens, le beagle étant une autre race très utilisée à cet effet. Ils ont été utilisés pour tester des médicaments, des transplantations d’organes, des produits cosmétiques, et ils ont fait l’objet de nombreuses expériences. »

Le chien tacheté tchèque | Photo: Pavlína Zábranská

Mais ce qui semblait normal dans les années 1950 n’est plus éthiquement acceptable de nos jours : dans les années 1980, lorsque les essais sur les animaux ont été interdits, la race a été renommée « chien tacheté tchèque », et les quelques derniers représentants encore possédés par l’institut de recherche ont été adoptés par des éleveurs. Ces derniers ont d’ailleurs été agréablement surpris par leur caractère non turbulent et non agressif, mais aussi par leur prédisposition pour le sport : les chiens tachetés tchèques font donc d’excellents compagnons pour la course à pied ou le ski de fond.

Le chien tacheté tchèque | Photo: Pavlína Zábranská

A notre époque, certaines races voient le jour sans véritable raison pratique, pour le plaisir de croiser deux pedigrees populaires, tel que le caniche et le labrador, qui a donné naissance, dans les années 1980, au labradoodle. Outre leur esthétique parfois contestable, les résultats de ces expériences sont parfois douteux, car comme le déplore Vladimíra Tichá, la race obtenue peut s’avérer incapable de reproduction…

Le chien tacheté tchèque | Photo: Pavlína Zábranská

Ce n’est néanmoins pas le cas du chien tacheté tchèque, anciennement « chien de laboratoire de Horák » : sur les quelque 600 chiens de ce pedigree recensés, la base de reproduction compte 82 femelles et 117 mâles. Race nationale enregistrée depuis 1960 en République tchèque, le chien tacheté tchèque n’est toutefois pas reconnu par la Fédération cynologique internationale.

Le chien tacheté tchèque | Photo: Pavlína Zábranská
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