Deux chaînes alimentaires sanctionnées pour des produits de mauvaise qualité

Deux chaînes alimentaires de renom viennent de recevoir une amende en raison de la vente de produits de mauvaise qualité. Un signe important alors que de plus en plus de voix, côté inspection alimentaire et côté consommateurs, se font entendre pour critiquer la médiocrité de l’offre de certains supermarchés.

Nous vous en parlions la semaine dernière dans notre rubrique économique : de nombreuses initiatives voient le jour en République tchèque pour lutter contre la « malbouffe » et les produits de mauvaise qualité proposés dans les rayons de certaines grandes chaînes alimentaires. Après le boom des super et hypermarchés aux prix cassés après la révolution de velours, les mentalités évoluent peu à peu dans le pays.

Deux grandes marques viennent de se voir infliger un rappel à l’ordre : la chaîne britannique Tesco et le néerlandais Ahold devront respectivement payer 750 000 et 500 000 couronnes pour avoir vendu des produits de mauvaise qualité. Un des verdicts les plus sévères de l’Inspection agricole et alimentaire. Pavel Kopřiva, porte-parole de cet organe de contrôle évoque les problèmes les plus fréquents rencontrés dans les magasins :

Pavel Kopřiva
« Il y a toutes sortes de manquements : un des cas les plus fréquents, c’est le remplacement de certaines composantes de base d’un aliment par des composantes moins onéreuses, en omettant de le préciser sur l’emballage. Ensuite il y a le problème de remballage des aliments qui permet de prolonger la date de péremption. Enfin, il arrive que les normes hygiéniques ne soient tout simplement pas respectées dans les magasins. »

Si de nombreux foyers privilégient encore les bas prix, une vraie prise de conscience a vu le jour ces dernières années quant à la qualité de ce qui se retrouve dans les assiettes. La (re)naissance des marchés fermiers en est un exemple. Des initiatives comme le site web potravinynapranyri.cz, soit « Les aliments au pilori » lancé par le ministère de l’Agriculture entendent pointer du doigt les supermarchés voyous. Et les deux amendes historiques infligées aux deux plus grands représentants de l’alimentation en République tchèque entendent être une mise en garde pour eux-mêmes et leurs concurrents. Mais une amende est-elle une peine suffisante ? Pavel Kopřiva :

« Les amendes sont un des moyens de réguler la situation sur le marché des aliments au niveau de la sécurité mais évidemment, donner des amendes n’est pas un objectif en soi. Si les manquements se répètent, l’amende suivante sera forcément plus élevée. Bien sûr, si les prérogatives de l’Inspection agricole et alimentaire devaient être élargies à d’autres possibilités de sanctions dans les cas de duperie des consommateurs, nous serions satisfaits. »

Selon une étude récente réalisée par l’Association de petites et moyennes entreprises, de plus en plus de consommateurs tchèques commencent à réaliser l’importance de la qualité d’un produit, indépendamment de son prix. Un changement qui permet à certains d’entre eux de signaler aux organes compétents les problèmes rencontrés avec des produits de mauvaise qualité. Pavel Kopřiva :

« L’Inspection elle-même collecte de nombreuses informations, issues des inspecteurs sur le terrain mais aussi d’autres organes d’Etat. A partir de là est créé un plan de contrôles. Mais depuis quelques temps, les interventions des consommateurs eux-mêmes se font de plus en plus importantes. Ils peuvent contacter l’Inspection, mais aussi d’autres organes de surveillance alimentaire dans le pays, et faire part de leurs découvertes. Les organes concernés sont alors obligés d’aller effectuer des contrôles. »

Les deux chaînes de supermarchés incriminées devront aller devant les tribunaux si elles entendent protester contre la décision de l’Inspection alimentaire.