Deux Tchèques soupçonnés d’espionnage en Grèce

Martin Pezlar et Ivan Buchta, photo: Lidové noviny, 21. 11. 2012

Deux ressortissants tchèques sont emprisonnés actuellement en Grèce. Les deux détenus sont soupçonnés d’espionnage et leur situation ne s’améliore pas malgré les activités de leurs familles qui cherchent à mobiliser l’opinion publique en leur faveur. De même les interventions de la diplomatie tchèque auprès des autorités grecques restent pour le moment sans effet apparent.

Martin Pezlar et Ivan Buchta, photo: Lidové noviny, 21. 11. 2012
Les Tchèques Martin Pezlar (28 ans) et Ivan Buchta (30 ans) risquent des peines allant de cinq à vingt ans de prison. Les autorités grecques leur reprochent d’avoir photographié des établissements militaires de l’île de Lemnos. Les deux hommes sont employés de la société Bohemia Interactive qui produit des jeux vidéo. Selon les premières informations largement diffusées par les médias, ils auraient pris sur l’île de Lemnos des photos qui auraient dû servir pour la création d’un nouveau jeu électronique. La société Bohemia Interactive a cependant nié que le séjour de ses employés en Grèce ait été un voyage d’affaires et les deux hommes eux-mêmes affirment maintenant être venus en Grèce pour un séjour privé et n’avoir fait que des photos touristiques.

Malgré leurs déclarations d’innocence répétées, les deux prisonniers n’arrivent pas à sortir de l’engrenage de la justice grecque. Leur moral s’est notamment dégradé après l’échec d’une initiative visant leur mise en liberté sous caution. Les familles des deux hommes ont récemment critiqué la lenteur et l’inefficacité des démarches du ministère tchèque des Affaires étrangères qui cherche pourtant à intervenir dans cette affaire. Leur critique a été rejetée par le chef de la diplomatie tchèque Karel Schwarzenberg qui envisage de s’entretenir sur le cas de deux prisonniers tchèques avec son homologue grec, Dimitris Avramopoulos:

Karel Schwarzenberg, photo: Filip Jandourek, ČRo
« Je n’ai pas encore réussi à le contacter. Malheureusement, les dernières informations ne sont pas très bonnes. Autant que je sache, la déposition d’un témoin ne leur est pas très favorable. Je tâcherai cependant de faire pour eux tout ce que je peux. »

Karel Schwarzenberg avait déjà évoqué cette affaire lors d’une rencontre avec le ministre grec des Affaires étrangères en septembre dernier et elle avait fait également l’objet de plusieurs démarches de diplomates tchèques, dont l’ambassadrice en Grèce Hana Ševčíková qui était intervenue auprès du vice-ministre grec des Affaires étrangères. Ces activités n’ont cependant pas abouti. Le porte-parole du ministère tchèque des Affaires étrangères, Vít Kolář, explique quelle est aujourd’hui la stratégie de la diplomatie tchèque sur ce dossier :

Vít Kolář, photo: MZV ČR
« En ce qui concerne les activités que le ministère poursuit au niveau diplomatique, nous cherchons surtout à éviter que cette affaire soit repoussée à plus tard à cause de la grève et de l’accumulation d’autres dossiers de la justice grecque. Nous voulons accélérer la procédure afin que nos ressortissants ne soient pas obligés d’attendre trop longtemps une éventuelle décision. »

La presse grecque qui prête à cette affaire bien moins d’attention que les médias tchèques, semble convaincue que les deux détenus ont été chargés d’une mission d’espionnage par la Turquie. Selon les informations non confirmées des médias grecs, Martin Pezlar et Ivan Buchta auraient parcouru, la nuit, l’île de Lemnos et photographié des bases militaires avec des appareils photos espions. Personne en Grèce ne semble douter que les deux Tchèques soient coupables et méritent une punition.

Récemment les pères de Martin Pezlar et Ivan Buchta se sont rendus en Grèce pour visiter leurs fils emprisonnés. Ils ont constaté que les conditions dans la prison de l’île de Chios où leurs fils sont détenus actuellement, sont très difficiles. Les deux Tchèques partagent leur cellule avec 22 autres personnes et ne disposent, avec leurs codétenus, que de deux douches et de deux toilettes turques. Le moral des deux prisonniers est au plus bas.