Discussions sur la réforme des finances avant la session de la Chambre

La semaine prochaine, mardi, commence la session de la Chambre des députés dont le programme comprend aussi le projet de réforme des finances publiques présenté par le gouvernement de coalition du Premier ministre, Mirek Topolanek.

On s'attend à une âpre discussion à la Chambre, mais elle s'avère tout aussi âpre au sein de la coalition elle-même. En effet, le chef du gouvernement compte présenter à ses partenaires, encore avant la discussion par les députés, un projet de baisse du taux d'imposition des personnes physiques qui le ramènerait à 12 % seulement en 2010. Le projet initial compte sur 15 %. Le taux minimum de la TVA de 5 % actuellement devrait passer à 9 %, plus tard à 19 %. L'imposition commune des époux serait abolie et les subventions de l'Etat pour la naissance et pour les funérailles seraient abaissées. D'après le politologue Pavel Saradin, ce projet n'a pas beaucoup de chance d'être accepté. Il précise :

« Si ce projet pourrait être accepté par les représentants du Parti civique démocrate, il n'en sera pas de même en ce qui concerne les autres partenaires de la coalition. Bien qu'il soit intéressant, il me semble donc qu'il ne pourra être réalisé. »

Premier ministre Mirek Topolanek
Les premières réactions aux propositions du Premier ministre vont dans ce sens. Du côté du Parti civique démocrate, on est d'accord pour reconnaître qu'elles se rapprochent plus du programme électoral du parti. Par contre, les chrétiens-démocrates refusent une baisse radicale des impôts. Ils sont surtout pour des changements dans le domaine social et de la santé. Les enfants de moins de quinze ans, par exemple, ne devraient rien payer pour les consultations chez le médecin. Les Verts sont du même avis et le projet du Premier ministre ne leur convient pas du tout. Le gouvernement dispose donc seulement de quelques jours pour trouver un compromis. Il doit être acceptable non seulement pour les députés de la coalition gouvernementale, mais aussi pour deux anciens députés sociaux-démocrates, aujourd'hui indépendants. En effet, sans ces deux voix, la coalition n'a pas la majorité à la Chambre des députés. En plus de cela, toutes les voix des députés du Parti civique démocrate ne sont pas assurées, car Vlastimil Tlusty qui devait être ministre des Finances, fait diversion et demande le respect rigoureux du programme électoral du parti et de la réforme des finances publiques qu'il avait lui-même préparé. La session de la Chambre qui commence mardi prochain sera donc très... très chaude !