Documentaire tchèque à Lussas : la liberté d’écriture des jeunes cinéastes tchèques

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Dans un petit village de l’Ardèche du nom de Lussas, depuis vingt ans, se tiennent les Etats généraux du documentaire... un festival qui s’est fait un nom, et qui chaque année fait doubler la population de la commune pour quelques jours. Cette année, le documentaire tchèque, entre autres, était à l’honneur. Radio Prague a demandé à Christophe Postic, chargé de la programmation, si ce choix était lié à l’anniversaire de l’invasion de 1968.

Ce festival, ce sont les Etats généraux du documentaire. On a souvent tendance à souligner que le cinéma tchèque de fiction s’est relativement peu renouvelé après la révolution. On le compare souvent à la période bénie des années 60... Mais on dit que justement le documentaire serait plus intéressant... c’est ce que vous avez ressenti ?

« Oui, mais d’ailleurs, ce n’est pas propre qu’à la RT... Le cinéma documentaire révèle en ce moment des démarches et des approches plus intéressantes, novatrices ou risquées que la fiction. En même temps on est au-delà du clivage fiction/documentaire, c’est d’abord une question d’écriture et de mise en forme. Par exemple dans la programmation de Lussas cette année, c’est une des raisons pour laquelle j’ai choisi d’accorder une place assez importante aux films d’étudiants de la FAMU. Même s’il s’agit d’un cadre défini, c’est-à-dire que les films présentés sont, tous sauf un, tournés en pellicule et en noir et blanc, donc c’est un critère commun qui les unit, il me semble qu’on y trouve une écriture qui m’a semblée assez libre, donc qui s’engage dans quelque chose qui est de l’ordre de la création, de l’invention et d’une écriture personnelle. »

Quels sont les échos du public à Lussas ?

Jan Vladislav
« Ils sont plutôt très bons... Les séances sont organisées par liens. Ça peut être des liens d’écriture, thématiques... Il y a eu une soirée consacrée à des portraits d’artistes avec trois très beaux films dont celui consacré à Jan Vladislav et à son retour d’exil de Paris. J’ai eu l’impression que chez les jeunes cinéastes la question de l’histoire de la RT n’était pas du tout abordée. Ce qui renvoie à la difficulté de la transmission d’un héritage historique lourd et aussi d’un héritage cinématographique tourmenté, avec la rupture liée à l’invasion soviétique... J’ai trouvé que ce film de Kateřina Krusová créait un espace de transmission entre cette jeune cinéaste et Jan Vladislav, qui venait combler, dans la programmation, l’absence de regard de la jeune génération sur l’histoire du pays. »

Les Etats Généraux du documentaire à Lussas, c’est jusqu’au 23 août.