Election présidentielle J-10 : débat sans vainqueur entre Václav Klaus et Jan Švejnar

Photo: CTK

A dix jours de l’élection présidentielle par le Parlement, le 8 février, au Château de Prague, le président de la République sortant, Václav Klaus, et le professeur d’économie tchéco-américain Jan Švejnar ont participé, mardi, à un débat télévisé au cours duquel ils ont répondu aux questions du groupe des sénateurs sociaux-démocrates. Il s’agissait de l’unique confrontation préélectorale directe entre les deux seuls candidats à la fonction suprême. Un duel suivi avec beaucoup d’attention par l’ensemble des médias tchèques mais dont le contenu, qualifié de « stérile » par le quotidien Právo, a déçu beaucoup d’observateurs.

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« Vous pouvez élire quelqu’un qui occupe les plus hautes fonctions officielles de manière continue depuis la fin du totalitarisme, qui est le président d’honneur d’un parti et qui est étroitement lié à la vie politique du pays. Ou vous pouvez choisir de voter pour moi. Certains affirment que je ne possède pas d’expérience en politique. Mais c’est là quelque chose que je perçois comme un grand avantage. Je dispose d’un crédit moral en République tchèque comme à l’étranger, et ce crédit, je vous le propose. Et je dispose également d’expérience dans les sphères économique, sociale et de connaissances dans la politique de beaucoup de pays. »

Jan Švejnar, photo: CTK
C’est en ces termes que Jan Švejnar, candidat de la social-démocratie et des Verts, a présenté sa candidature aux sénateurs socialistes au cours de son allocution introductive longue de cinq minutes. Une allocution dont Jan Švejnar a profité pour présenter le choix qui sera fait par les parlementaires entre Václav Klaus, présent sur le devant de la scène politique depuis la révolution de 1989, et sa personne comme un choix entre le passé et l’avenir.

Václav Klaus, candidat du parti civique démocrate (ODS), principale formation de droite du pays et de l’actuelle coalition gouvernementale, se trouvait, lui, en terrain a priori hostile face aux sénateurs sociaux-démocrates. Mais le président sortant a tenu à rassurer ses interlocuteurs sur sa faculté à être un chef d’Etat expérimenté et éclairé, ouvert au dialogue avec tous les partis comme le réclame sa fonction :

Václav Klaus, photo: CTK
« Je peux proposer un président qui n’a jamais formé un centre de pouvoir autour de lui au Château de Prague et n’entend pas non plus le faire à l’avenir. Je peux garantir un président qui dialogue avec les représentants du parti social-démocrate, qui entretiendra avec eux des rapports corrects et qui dispose déjà dans l’exercice de sa fonction d’une expérience de collaboration avec un éventuel gouvernement social-démocrate. »

Dans l’ensemble, les médias tchèques estiment que ce débat long d’un peu plus d’une heure n’a rien apporté qui ne soit déjà connu sur les programmes des deux candidats. Décevante voire même ennuyeuse selon eux, les commentateurs estiment que cette confrontation ne devrait donc pas influencer le choix des 281 députés et sénateurs appelés à voter le 8 février. Václav Klaus, qui reste le favori du scrutin au regard des forces en présence au Parlement, et Jan Švejnar disposent de points de vue diamétralement opposés sur des thèmes aussi divers que la transformation économique du pays dans les années 1990, la place et le rôle de la République tchèque au sein de l’Union européenne, l’adoption plus ou moins rapide de l’euro ou encore le réchauffement climatique. Autant de dossiers sur lesquels Václav Klaus adopte régulièrement des positions controversées tant à Prague qu’à l’étranger et par rapport auxquelles Jan Švejnar, qui a insisté sur sa capacité à rassembler, entend justement incarner un changement au Château de Prague.