Elections législatives : les Tchèques à l'heure du choix

Jiri Paroubek, Miroslav Kalousek, Martin Bursik et Mirek Topolanek, photo: M. Svacek, MFDnes, 2.6.06

A l'occasion des élections législatives, ces vendredi et samedi, quelque huit millions de Tchèques sont appelés à se rendre aux urnes, afin d'élire les 200 députés de la Chambre basse du Parlement. Après huit années marquées de l'empreinte de la social-démocratie du Premier ministre Jiri Paroubek, les libéraux du Parti civique démocrate dirigés par Mirek Topolanek entendent faire souffler le vent de l'alternance sur le pays. Un duel serré qui, pour la première fois depuis la chute du communisme, pourrait bien être arbitré par le parti des Verts.

Jiri Paroubek et Mirek Topolanek
Ouverture de la Coupe du monde de football oblige, la date du scrutin, dont Jiri Paroubek avait initialement souhaité la tenue les 9 et 10 juin, a été avancée d'une semaine par le président de la République, Vaclav Klaus. Une mesure visant à prévenir une forte abstention, comme cela avait été le cas il y a quatre ans de cela avec un taux de 42%. Cette fois, la participation devrait être un peu plus importante, mais elle ne cachera cependant pas le fait que la campagne préélectorale, agressive et ennuyeuse selon les politologues, n'a pas, loin s'en faut, passionné les Tchèques. Le temps où ces derniers étaient capables de débattre de thèmes politiques pendant des heures autour d'une bière dans les brasseries enfumées semble aujourd'hui bel et bien révolu.

Pourtant, le pays se trouve à la croisée des chemins : les Tchèques ont, en effet, le choix entre rempiler pour quatre ans avec la social-démocratie ou opter pour le changement incarné par le Parti civique démocrate, dont l'eurosceptique Vaclav Klaus reste le président d'honneur. Au plus bas dans les sondages voilà encore un an de cela, le gouvernement de Jiri Paroubek peut se targuer d'un bilan économique et social positif, avec notamment une croissance du PIB de 6%, une balance commerciale positive, ou encore un taux de chômage de 8,3% en baisse. C'est donc logiquement « sécurité et prospérité », le slogan de leur campagne, que les sociaux-démocrates promettent. Dans le camp opposé, à droite de l'échiquier politique local, le mot d'ordre de la campagne aura été le changement, avec l'instauration d'un taux unique d'imposition à 15%, la lutte contre la corruption dans l'administration d'Etat et une réforme des systèmes de retraite et de santé.

Seulement voilà, le système proportionnel permettant difficilement un autre cas de figure, aucun des deux favoris pour la victoire n'obtiendra la majorité des sièges. Quelque soit le vainqueur, il lui faudra donc entamer des négociations pour la formation d'une coalition gouvernementale avec deux des trois autres formations qui devraient obtenir les 5% de suffrages requis pour être représentés à la Chambre des députés. Bien que troisième force politique en présence, avec 18,5% en 2002, le Parti communiste de Bohême et de Moravie semble, par principe, devoir être exclu de toute consultation. C'est donc avec les Verts, dont l'émergence soudaine a constitué la grande nouveauté de la campagne, et les chrétiens-démocrates, membres de la coalition sortante, que Jiri Paroubek ou Mirek Topolanek devra probablement composer.