En Tchéquie, une augmentation anormale des niveaux d’ozone troposphérique

La concentration d’ozone troposphérique en Tchéquie, source: ČHMÚ Brno

Ces dernières semaines, les scientifiques tchèques ont découvert des concentrations croissantes d'ozone troposphérique autour de la République tchèque. Le phénomène, fréquent lors des mois d'été, se produit maintenant même en hiver. Il est causé principalement par le changement climatique mondial, mais plus surprenant, par une meilleure qualité de l'air.

L'ozone troposphérique n'est pas directement émis dans l'atmosphère. Il se forme dans l'air par des réactions entre d'autres polluants provenant des voitures, des centrales électriques et des sources industrielles.

Iva Hůnová,  photo: Archives de Iva Hůnová

La scientifique Iva Hůnová, qui travaille à l'Institut hydrométéorologique tchèque et à la Faculté des sciences de la vie, affirme que respirer de l'ozone peut entraîner de graves problèmes de santé :

« Les molécules d'ozone sont très réactives. Si elles pénètrent dans notre organisme, elles réagissent avec d'autres substances et créent des radicaux libres. Elles peuvent gravement endommager les cellules, détériorer la respiration, provoquer toutes sortes de maladies et contribuer à une augmentation du taux de mortalité ».

Comparé à la situation dans le pays il y a 20 ou 30 ans, les concentrations maximales d'ozone troposphérique sont nettement inférieures à ce qu'elles étaient auparavant. Ce qui inquiète, c'est l’augmentation  progressive des concentrations moyennes depuis 2014.

Krušné hory  (Les Monts métallifères),  photo: Archives de Radio Prague Int.

Dans un rayon de vingt à trente kilomètres autour des grandes villes, la situation est encore plus grave. C'est là que le vent transporte des particules de substances nocives qui contribuent par la suite à la création d'ozone troposphérique.

Les scientifiques ont même enregistré des concentrations relativement importantes d'ozone troposphérique dans des endroits où ils ne s'y attendaient pas, explique Iva Hůnová, qui surveille ses concentrations sur le long terme :

« La concentration d'ozone est élevée même dans les zones relativement non polluées, comme les montagnes. Ces concentrations sont élevées aussi bien la nuit que le jour, contrairement aux villes, où les niveaux baissent la nuit ».

Des niveaux plus élevés d'ozone troposphérique ont été régulièrement enregistrés, par exemple dans les Monts métallifères (Krušné hory), au nord-ouest de la République tchèque.

Les scientifiques de l'Université technique et minière de Freiberg, en Saxe, ont confirmé les mêmes résultats sur le versant allemand des montagnes.

La concentration d’ozone troposphérique en Tchéquie,  source: ČHMÚ Brno

Plus surprenant encore, la présence de ce phénomène dans les endroits où l'air est pur, s’explique par un meilleur filtrage des polluants dans les zones industrielles.

Si la plupart des substances nocives rejetées dans l'air contribuent à l'augmentation des niveaux d'ozone, certaines d'entre elles, dont le monoxyde d'azote, contribuent en fait à l'éliminer.

Ces concentrations d'ozone augmentent également en raison du changement climatique mondial. Le ralentissement de ses effets est donc l'une des principales mesures à prendre pour les réduire, au même titre que la diminution des émissions de substances nocives.

La feuille endommagée par l’ozone troposphérique,  photo: Michał Długosz,  CC BY-SA 4.0

Les fortes concentrations d'ozone troposphérique sont également destructrices pour les forêts déjà affaiblies par des périodes de sécheresse et des infestations de scolytes.

Selon une étude récente menée par les Nations unies, les forêts de la République tchèque sont les plus touchées de la région d'Europe centrale et ont déjà perdu leur capacité à absorber le dioxyde de carbone.