Etudier au lycée ? Un rêve qui devient difficilement réalisable...

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L'enseignement tchèque vit, apparemment, une crise... Les lycées pourront accepter moins de la moitié d'enfants qui passent, cette année, le concours d'entrée. De plus, les écoles se plaignent d'un manque dramatique d'argent. Magdalena Segertova pour plus d'informations.

Les écoles tchèques essaient de survivre. Elles sont sûres de pouvoir tenir jusqu'à la rentrée prochaine. Mais après ? Leurs perspectives d'avenir sont peu encourageantes : pas d'argent pour l'achat des manuels scolaires, du matériel didactique, des produits hygiéniques, inutile de parler de l'entretien des locaux. Le téléphone et le fax sont utilisés avec parcimonie, se connecter à l'Internet devient un luxe. La raison est simple : il y a cinq ans, les établissements scolaires recevaient, de la part de l'Etat, une fois plus d'argent qu'à présent. Pourtant, la somme débloquée du budget à l'enseignement est de plus en plus élevée. D'accord, cet argent permet d'augmenter au moins un peu les salaires bas des enseignants, mais c'est tout. L'année dernière, les frais de consommation d'énergie ont augmenté, en République tchèque, de 14%. Pour nous, c'est une véritable catastrophe, disent désespérément les directeurs des écoles. Pour faire bouger les choses, les directeurs de vingt-quatre lycées de Brno, en Moravie du sud, ont publié une déclaration, où ils décrivent en détails cette situation déplorable.

Les lycées sont pauvres, et pourtant, cela ne décourage pas leurs élèves potentiels. Bien au contraire : le nombre de lycéens en République tchèque monte, ces dernières années, en flèche. Mais là encore, on se heurte à un grand problème, à un paradoxe. En République tchèque, il existe des lycées "classiques", de quatre ans, et ceux où l'on étudie six ou huit ans. Des foules de jeunes doués passent, chaque année, des concours pour y entrer. Des dizaines de milliers d'adeptes, la plupart ne sont pas acceptés, malgré d'excellents résultats scolaires.... Par rapport à l'Europe, la Tchéquie a donc un nombre modeste de lycéens, alors qu'elle pourrait être en tête du peloton. Si... si l'Etat était plus riche, explique le ministre de l'Enseignement, Eduard Zeman. Un autre problème épineux : l'Etat envisage de supprimer les lycées de six et de huit ans, réservés aux enfants doués. Leurs copains "moins brillants" restent au collège, et c'est justement cette différence, faite entre les enfants, qui ne plaît pas à certains spécialistes.

Hier, des milliers d'enfants talentueux ont, comme chaque année, tenté leur chance. Dans les jours qui viennent, les professeurs devront choisir les meilleurs parmi les meilleurs. Et rendre tristes deux jeunes adeptes sur trois... Par contre les adolescents, qui ont choisi un lycée professionnel, peuvent dormir tranquillement. Là-bas, on les attend à bras ouverts...

Auteur: Magdalena Segertová
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