Fin du sommet de l’OTAN

Photo: L. Svetnicka, www.natoaktual.cz
0:00
/
0:00

Le sommet de l’OTAN s’est achevé, vendredi, à Bucarest. Un sommet notamment marqué par la finalisation de l’accord entre Washington et Prague devant permettre l’implantation d’une base radar sur le sol tchèque, élément du système de défense antimissile américain en Europe. Un projet de bouclier également soutenu par les dirigeants de l’OTAN, comme nous l’explique notre envoyé spécial à Bucarest.

L’ « otanisation », voilà un concept très en vogue chez les politiciens tchèques et employé à plusieurs reprises par les membres de la délégation tchèque pendant ce sommet de Bucarest. L’otanisation ("natoizace" en tcheque) désigne un processus par lequel un projet non conçu par l’OTAN devient finalement un projet avalisé par l’OTAN et surtout intégré dans les infrastructures de l’OTAN.

Et quand la ministre tchèque de la Défense, Vlasta Parkanová, parle d’otanisation, c’est bien sûr du radar américain dont il est question, le radar essentiel à un futur bouclier antimissile qui pourrait être installé en Bohême. La finalisation de l’accord principal entre Prague et Washington a été annoncée jeudi.

Il reste toutefois un deuxième accord à négocier, un accord de type SOFA, sur la présence de soldats américains sur le sol tchèque, et les négociations doivent se poursuivre la semaine prochaine, comme nous l’a précisé Vlasta Parkanová :

Vlasta Parkanová, Václav Klaus, Karel Schwarzenberg, Mirek Topolánek, photo: CTK
« Pour ce qui est de la fin des négociations relatives au deuxième accord que mène le ministère de la Défense, l’accord SOFA, il n’est pas exclu que les négociations soient achevées en même temps que celles se rapportant au contrat principal. Mais rien n’est acquis pour l’instant, c’est une question qui reste ouverte. Nous en saurons plus dès la semaine prochaine puisque le Conseil de sécurité de l’Etat doit en discuter. Le Conseil décidera s’il élargit ou laisse en état le mandat des négociateurs. Le lendemain, les négociateurs américains seront à Prague pour continuer les discussions. Il y a plusieurs points sur lesquels nous cherchons un terrain d’entente qui n’a pas encore été trouvé jusqu’à présent. C’est donc pourquoi le Conseil de sécurité se réunira et nous devrons dire quelle partie accepte de faire des concessions. Mais pour l’instant, je ne peux pas parler plus en détail de ces points. »

Alexandr Vondra, photo: CTK
A Bucarest, l’OTAN a souhaité que le bouclier américain puisse être relié au système qu’elle étudie pour ses propres besoins, afin d’en garantir l’intégration à un système global dont l’Alliance pourrait un jour se doter. Pourle vice-premier ministre, Alexandr Vondra, le bilan de ce sommet pour la délégation tchèque est plus que positif :

« Je suis très content. Nous en parlons depuis plusieurs années et maintenant nous nous rapprochons d’une conclusion. Pour la République tchèque, cela signifie qu’elle se place positivement au centre de l’attention. Nous nous réjouissons de cet accord qui, avec notre qualité de membre de l’Otan, sera la meilleure garantie de sécurité dans l’histoire moderne de notre pays. Mais il n’est pas possible de seulement profiter de ces avantages, il convient également parfois d’y apporter quelque chose. »

Les 26 chefs d’Etat et de gouvernements de l’Alliance atlantique ont chargé leurs experts de leur faire rapport sur les options envisageables de cette otanisation, au prochain sommet. Ce sera en 2009, à Strasbourg-Kehl, pour assurer une couverture complète du territoire des alliés européens.