Foot – Ligue Europa : dans les duels tchéco-français, le Slavia rééquilibre la balance

Slavia Prague - Nice, photo: ČTK/Roman Vondrouš

Le Slavia tombeur de Nice (3-2) malgré l’absence de plusieurs joueurs positifs au Covid-19 et le Sparta net vainqueur (4-1) du Celtic à Glasgow, c’est une bien belle soirée qu’ont connue les clubs tchèques, jeudi soir, lors de la 3e journée de la phase de poules de la Ligue Europa. Ce deuxième succès consécutif permet même au Slavia de figurer en tête de son groupe.

Passons d’abord rapidement sur la déroute (0-5) concédée par le Slovan Liberec sur la pelouse de Hoffenheim. Une semaine après la claque déjà reçue à Belgrade contre l’Etoile rouge (1-5), le modeste club de Bohême du Nord, privé de 15 joueurs testés positifs au Covid-19, était trop décimé pour espérer revenir avec autre chose qu’une valise bien chargée de son déplacement en Allemagne.

Coronovirus oblige toujours - et même naissance pour un nouvel heureux papa - le Slavia devait lui aussi se passer des services de plusieurs de ses pièces maîtresses, dont cinq internatioaux, pour la réception de l’OGC Nice. Et après une entame délicate, où son gardien Ondřej Kolář a sorti la parade qu’il fallait pour maintenir son équipe à flot, le champion de République tchèque a pris le dessus sur son adversdaire azuréen grâce d’abord à un engagement de tous les instants et à sa plus grande soif de vaincre.

Jan Kuchta, photo: ČTK/Roman Vondrouš

Auteur de l’ouverture du score et du troisième but pragois (16e et 71e minutes), l’attaquant Jan Kuchta, l’habituel remplaçant héros d’un jour, a d’ailleurs d’abord préféré retenir l’esprit de corps qui a été celui du Slavia jeudi soir plutôt que de tirer la couverture à lui :

« C’est une grande victoire, car il nous manquait beaucoup de joueurs-clefs. L’idée était de donner le maximum, de travailler en équipe, et je pense que nous avons parfois fait même mieux que ça. Nous avons plutôt bien joué en première mi-temps. La deuxième a été plus compliquée, mais nous nous sommes accrochés et le troisième but nous a fait beaucoup de bien. Nous avons tenu jusqu’au bout et, compte tenu des circonstances, gagner est l’essentiel ce soir ! »

Un sentiment partagé au coup de sifflet final par son entraîneur, un Jindřich Trpišovský fier du visage et du cœur affichés par son équipe en ces temps difficiles pour tout le monde :

Jindřich Trpišovský (au milieu), photo: ČTK/Roman Vondrouš

« Je suis heureux parce que je viens de passer trois jours à réfléchir à quelle équipe j’allais pouvoir aligner, je le suis aussi pour les garçons qui ont tout donné. Certains disputaient leur premier match de coupe d’Europe et ils ont montré que l’on pouvait compter sur eux. La vérité en football se trouve sur le terrain, les noms ne font pas une équipe. Je suis heureux aussi pour nos supporters. C’est triste pour nous de gagner au milieu du silence, mais c’est encore plus dur pour les gens, qui ne peuvent pas venir au stade. Cette victoire, elle est pour eux. Et elle est d’autant plus belle que les joueurs sont vraiment allés la chercher. »

Résumer la victoire du Slavia aux seules combativité et solidarité serait toutefois une erreur. Parfaitement organisés tactiquement, les Pragois, à l'image de leur étonnant milieu sénégalais Abdallah Sima qui a redonné l'avantage aux siens de la tête sur corner (43e), et comme souvent ces dernières saisons sur la scène européenne, ont aussi démontré qu’ils savaient se hisser au niveau technique exigé à ce niveau de compétition.

Dans le camp niçois, dont on pouvait légitimement attendre davantage compte tenu de la qualité de l’effectif, l’entraîneur Patrick Vieira était lui inversement très déçu de l’investissement de ses joueurs et d’avoir été battu par un « Slavia qui en voulait plus » selon lui :

Patrick Vieira (à droite), photo: ČTK/Roman Vondrouš

« On a eu du mal à se créer des occasions, à trouver la profondeur et à produire du jeu face à leur ligne de six joueurs dans la phase défensive. Mais la grosse frustration est que nous n’avons pas su nous mettre à leur niveau en termes d’esprit de compétition. Quand on analyse nos trois premiers matchs européens, le point commun est que nous avons toujours été moins bons que nos adversaires au niveau de l’attitude et de l’agressivité, et ça, c’est un gros problème. »

Une semaine après le succès étriqué et heureux contre le Bayer Leverkusen (1-0), cette deuxième victoire consécutive permet au Slavia d’occuper la première place de son groupe, à égalité de points avec les Allemands (6) et avec trois unités d’avance sur les Israéliens de l’Hapoël Beer Sheva et Nice, où les Pragois se déplaceront pour leur prochaine rencontre, le 26 novembre. Un nouveau résultat positif sur la Côte d’Azur leur permettrait alors d’envisager plus sérieusement encore une qualification pour les 16es de finale.

Le Sparta se relance

Une perspective dont reste très éloigné l’autre club pragois en lice en Ligue Europa. Mais après deux larges défaites concédées contre Lille (1-4) et l’AC Milan (0-3), le Sparta a relevé la tête en s’imposant avec la manière sur la pelouse du légendaire Celtic Park.

Supérieur techniquement malgré l’absence longue durée de sa « pépite » Adam Hložek, blessé à un pied, le Sparta a construit sa victoire, historique de par son ampleur, grâce notamment à un coup du chapeau de son avant-centre Lukáš Juliš.

Celtic - Sparta Prague, photo: ČTK/AP/Andrew Milligan

Là aussi, en cas de nouveau succès contre de bien faibles Ecossais lors du match retour à Prague dans trois semaines, le Sparta pourrait se remettre à rêver d’une improbable qualification dans un groupe dominé par Lille et Milan.