Foot - Mickaël Tavares, champion avec le Slavia : « Cette saison à Prague a relancé ma carrière »

Mickaël Tavares, photo: www.slavia.cz

Après Ludovic Sylvestre avec le Sparta Prague la saison dernière, Mickaël Tavares et Tijani Belaïd sont devenus, samedi 17 mai dernier, les deuxième et troisième joueurs français sacrés champions de République tchèque de football, cette fois avec le grand rival du Sparta, le Slavia Prague. Entretien-bilan de cette saison avec Mickaël Tavares.

Arrivé en tant que parfait inconnu l’été dernier alors qu’il était au chômage en France après une saison passée à Tours en Ligue 2, Mickaël Tavares s’est rapidement imposé au poste de milieu défensif. De son côté, prêté par l’Inter Milan, le Franco-Tunisien Tijani Belaïd a eu besoin d’un peu plus de temps pour s’adapter et gagner une place de titulaire. Mais le petit milieu offensif aura su se montrer décisif en plusieurs occasions. Auteur du but de la victoire lors du premier match du Slavia en Ligue des champions contre le Steaua Bucarest, Tijani Belaïd a grandement contribué à la conquête du titre en fin de saison en inscrivant notamment deux buts lors des deux dernières journées. L’international tunisien est également entré dans l’histoire en devenant le premier buteur en match officiel à Eden, le nouveau stade de 21 000 places du Slavia. A l’issue de cette saison historique pour le club pragois, marquée également par une première participation à la phase de groupes de la Ligue des champions, c’est donc un bilan forcément positif qu’a dressé Mickaël Tavares, fraîchement élu troisième meilleur joueur étranger du championnat, lorsqu’il nous a accueilli dans son appartement du centre de Prague :

« Oui, tout a bien commencé avec d’abord une qualification en Ligue des champions. Après, on a fait une bonne saison en championnat durant laquelle on est pratiquement toujours restés premiers. Puis le Sparta nous a dépassés à cinq journées de la fin et c’est vrai qu’on l’avait un peu en travers de la gorge. Mais il y a eu l’inauguration du stade et quelques matchs qui se sont mieux passés pour nous et moins bien pour le Sparta. On a alors su reprendre la première et on a continué à croire au titre. Finalement, cette fin de saison mouvementée nous a permis d’être champions. Je pense que c’est vraiment mérité sur l’ensemble de la saison. Le bonheur est accentué par le fait que ça faisait douze ans que le Slavia attendait ce titre. Pour nous deux, les Français, c’est magnifique. On arrive, on fait la Ligue des champions pour la première fois dans l’histoire du club, on est sacrés champions… C’est bien pour tout le groupe mais plus encore pour nous, les deux premiers Français au Slavia Prague. »

-A la trêve hivernale, vous possédiez cinq points d’avance sur le Sparta, votre premier poursuivant. A trois journées de la fin du championnat, c’est le Sparta qui possédait quatre points d’avance sur le Slavia. On pensait alors que tout était joué et que le Sparta allait conserver son titre. Finalement, vous êtes parvenus à renverser la vapeur. Que s’est-il donc passé sur ces derniers matchs et comment expliquez-vous cette deuxième partie de saison compliquée pour le Slavia ?

« Vous savez, une saison de foot est très longue et rien n’est jamais gagné. On savait que le Sparta n’allait rien lâcher, même si c’est vrai qu’on a perdu beaucoup de points bêtement avec pas mal de matchs nuls à l’extérieur. Et puis on a eu une période très difficile avec les deux penaltys manqués à Plzeň et notre première défaite à domicile contre le Viktoria Žižkov. Même moi, comme tout le monde d’ailleurs, je pensais que c’en était alors fini pour le titre. Mais comme je vous le dis, tout est possible dans le foot. Le Sparta a perdu ses deux matchs à domicile, il est vrai difficiles, contre Brno et Ostrava qui, eux, devaient gagner pour terminer troisième et se qualifier pour la Coupe UEFA. Mais c’est bien, ce suspense a contribué à donner une belle fin de championnat. »

-Un mot sur le nouveau stade qui vient d’être inauguré : pour vous, joueurs, quelle est la différence entre jouer dans le vieux stade de Strahov et celui d’Eden, qui est un stade à l’anglaise ?

« Ah, ça n’a rien à voir, c’est clair ! C’est même un plaisir de s’entraîner dessus. Les infrastructures ont vraiment changé. Pour Tijani et moi, c’est d’autant mieux que nous habitons juste à côté. Nous n’avons plus à traverser toute la ville pour aller à l’entraînement. Surtout, on m’a expliqué que la majorité des supporters du Slavia habitaient dans les environs du stade, ce qui fait qu’il y aura forcément plus de monde aux matchs. C’est motivant de jouer devant des milliers de personnes dans un beau stade moderne. Il est plus facile de pratiquer du bon football dans ces conditions. Je pense que ce stade va vraiment changer beaucoup de choses pour le Slavia et qu’il va motiver beaucoup de monde. »

-Sur un plan personnel, vous avez été le plus souvent titulaire tout au long de la saison avant de suivre les deux derniers matchs depuis le banc des remplaçants. N’est-ce donc pas finalement une déception ?

« Oui, c’est évident que j’avais très envie d’être titulaire pour le dernier match à domicile mais je ne suis entré en jeu qu’en deuxième mi-temps. C’est mon ami Tijani qui a joué à ma place… Ce sont les aléas du football. En plus, Tijani a été très bon sur les deux derniers matchs, notamment sur l’avant-dernier contre Mladá Boleslav où il fait une passé décisive et marque un but. Il a aussi marqué un très beau coup franc à Eden. J’étais donc content pour lui. Mais je ne vais pas non plus vous cacher que j’étais très déçu de ne pas jouer. Mais bon… c’est comme ça. »

-Quels sont vos plans et objectifs pour la saison prochaine ? Le club compte-t-il toujours sur vous deux ?

« Me concernant, il me reste encore un an de contrat. Donc, à l’heure d’aujourd’hui, je suis toujours un joueur du Slavia. Pour Tijani, c’est différent puisqu’il était prêté pour un an avec une option d’achat. C’est donc au Slavia de se prononcer, la balle est dans le camp du club. Mais je pense que l’encadrement technique et les dirigeants ont vu que c’était un très bon joueur. Ceci dit, je vous dis ça mais c’est plus le domaine du coach, je ne peux donc pas vous en dire beaucoup plus pour l’instant. »

-Que vous a apporté cette saison en République tchèque ? On sait que l’été dernier, vous étiez au chômage après une saison difficile en Ligue 2 à Tours. Pensez-vous avoir relancé votre carrière en venant à Prague comme vous l’espériez ?

« Oui, c’est tout à fait ça. Maintenant, je reçois plus de coups de fil de certains agents et de certains clubs, alors que l’année dernière, c’était tout le contraire. C’était moi qui devais faire la démarche et aller vers certains agents pour demander s’il y avait la possibilité de faire des essais dans certains clubs. Donc, oui, le Slavia m’a complètement relancé et je suis très content de cette saison. »

-Et malgré ce nouvel intérêt, avez-vous envie de rester une saison supplémentaire à Prague ?

« Baaahh… Pour l’instant, comme je vous le dis, je suis encore au Slavia. On verra pour la suite. »