Greenpeace contre le radar américain

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Les accords sur l’installation de la station radar américaine en République tchèque seront très probablement signés dans la première décade du mois de juin. Selon le premier ministre tchèque Mirek Topolánek, le cabinet a décidé de différer la signature du premier des deux accords, prévue d’abord pour la semaine prochaine, et de signer les deux accords à la fois un peu plus tard. Entre-temps, les adversaires tchèques du radar se mobilisent et une quinzaine de militants de Greenpeace a investi les lieux où le radar doit être implanté.

Condoleezza Rice, photo: CTK
La secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice ne viendra donc pas à Prague la semaine prochaine car son programme trop chargé ne lui permettrait de rester qu’une demi-journée. Les deux parties ont cependant trouvé une solution plus pratique. Début juin elles signeront non seulement l’accord principal sur le radar mais aussi l’accord SOFA qui définit les conditions de la présence militaire américaine en République tchèque. Toujours est-il que les accords doivent être encore approuvés par le Parlement où ils risquent de se heurter à une sérieuse résistance.

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Les adversaires du radar, eux, ne désarment pas. Ce week-end ils ont défilé à Prague, et ce lundi un groupe de militants de Greenpeace a occupé la cote géographique numéro 718 dans le massif de Brdy où la station radar doit être installée. Malgré le mauvais temps, ils ont bivouaqué à cet endroit dans la nuit de lundi à mardi et entendent poursuivre leur action. C’est ce que confirme aussi Lenka Boráková, porte-parole de Greenpeace :

« Il est difficile de dire combien de temps nous allons tenir là-bas, combien de temps nous arriverons à résister. Bien sûr, nous désirons tenir le plus longtemps possible. Cela veut dire une semaine, deux semaines, un mois… Evidemment nous n’avons pas d’autorisation d’entrer dans cet espace militaire. »

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La police militaire surveille de près ce qui se passe dans la zone de Brdy. Son porte-parole Jan Čermák précise :

« Nos activités dépendront du comportement des personnes qui en ce moment commettent une infraction à la loi sur cette cote. Ils violent concrètement la loi sur la défense de la République tchèque parce qu’ils ne respectent pas l’interdiction d’entrer dans une zone militaire. Il serait prématuré de prédire maintenant comment cette situation évoluera. Pour le moment, une intervention de la police n’est pas à l’ordre du jour. »

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Quelles sont donc les sanctions que la police pourrait prendre contre les militants de Greenpeace ? L’attaché de presse du ministère de la Défense, Andrej Čírtek, définit les dangers qui les guettent :

« Le groupe de militants n’a pas reçu l’autorisation d’entrer dans la zone militaire. Leur comportement est donc délictueux et ils seront appelés à quitter la zone militaire, sinon ils risquent une amende de 3 000 couronnes par personne. »

Malgré la pluie et le froid les membres du mouvement Greenpeace ont passé la nuit sous une tente et trois d’entre eux même sur les arbres entourant la cote géographique. Ils aimeraient aussi entrer en contact avec la population locale et présenter un programme culturel. D’abord, ils voulaient construire dans la zone de Brdy un pont de bois, symbole de l’unité, car le radar, à leur avis, sépare les gens et symbolise la désunion. Il se peut cependant que le mauvais temps les oblige à modifier leur programme.