Hommes et femmes face au travail

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Le thème de l'égalité des chances économiques est un enjeu clé aujourd'hui en France, et il ne cesse d'alimenter les débats. Dans un contexte différent, le sujet est tout autant d'actualité en République tchèque. Il concerne en premier plan la parité hommes - femmes dans le cadre du travail. Sous l'action conjugée du ministère des Finances et des organisations non gouvernementales, la situation s'améliore mais il reste encore beaucoup à faire.

L'égalité des chances entre hommes et femmes préoccupe de plus en plus le monde politique tchèque, mais aussi l'opinion publique. Nous n'en sommes pas encore à une situation idéale mais, sans aucun doute, elle s'améliore et une nouvelle tendance s'amorce peut-être.

En 2004, les femmes représentaient 47 % de la population active, selon le Bureau tchèque des Statistiques. Mais l'équilibre des sexes se dessine en trompe-l'oeil. Car, si elles sont 38 % à occuper des positions de juristes ou de managers, elles sont par ailleurs 75 % à occuper les postes les plus bas dans l'entreprise.

Selon une récente enquête publiée dans Prague Post, quelques entreprises en République tchèque se démarquent particulièrement dans les efforts déployés pour rétablir la parité : parmi elles, IBM, Oskar et Pricewaterhouse. Elles arrivent en effet en tête d'une étude menée par un comité d'experts en ressources humaines.

Dans la compagnie de téléphones mobiles Oskar Vodaphone, la moitié des 2 200 employés sont des femmes. Or, elles représentent 40 % des membres de l'équipe de management et la moitié parfaite du personnel de haute direction. Un souci de la parité qui aurait marqué l'identité de l'entreprise dès sa création.

Hewlett-Packard a pour sa part mis sur pied une "Liste des Talents", un programme destiné à détecter les managers potentiels assez tôt dans leur carrière, afin de leur donner les moyens de développer leurs compétences professionnelles. L'un des buts déclarés de ce programme est de placer 30 % des managers femmes au plus haut niveau de responsabilités, soit le même pourcentage de femmes travaillant pour la firme. Hewlett-Packard a également déclaré vouloir augmenter la proportion de ses employés femmes.

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Du côté d'IBM, il faut saluer deux intiatives, celle de la création du Conseil de Direction des Femmes mais aussi celle d'un programme destiné à aider les femmes dans diverses situations de leadership, du centre de conférence aux appels téléphoniques. Le directeur des ressources humaines d'IBM, Petr Draxler, évoque cependant les défis à venir, parmi lesquels la place des femmes dans les technologies internet, monopolisées pour l'instant par les hommes.

Menées par des organisations non gouvernementales, ces "Gender studies" sont fortement encouragées par le gouvernement. Sur son site internet, le ministère des Finances tchèque annonce ainsi, avec délais à l'appui, un ensemble de mesures destinées à promouvoir l'égalité entre hommes et femmes dans l'accès à l'emploi, le salaire et les conditions de travail. Pour cela, les organisations gouvernementales emploieront tous les moyens, parmi lesquelles un travail d'information destiné à la presse spécialisée et la création de groupes de discussion permanents. Sur le plan législatif, le ministère des Finances s'engage à modifier ou à annuler les dispositions contraires à la parité économique hommes/femmes. Il compte ainsi mettre sur pied une liste des plaintes et des litiges relatifs au droit des femmes dans l'entreprise.

Le ministère veut aussi se mettre, dans les plus brefs délais, au diapason des normes européennes sur la discrimination entre hommes et femmes au travail. La directive d'avril 2004 du Parlement et du Conseil européen est toute entière consacrée à ce sujet. Elle a prévu l'allocation de 350 000 euros destinés au financement des organisations non gouvernementales oeuvrant pour l'égalité des sexes. Car la situation tchèque est bien à l'image de l'évolution européenne : si l'on constate une amélioration indéniable, le quotidien est loin de consacrer les mêmes droits.

En attendant, certains cas spécifiques en République tchèque annoncent peut-être les grandes évolutions de demain. Voici quelques portraits de femmes placées au plus haut niveau de l'entreprise. Tout d'abord, Monika Zahalova, une économiste de 40 ans, qui a été placée à la tête de l'Institut tchèque de l'Association des Directeurs. Une femme d'action, mère de deux enfants, mais également adepte de sports réputés masculins, telle la course automobile. Eva Janouskova et Daniela Flejsrarova peuvent, quant à elles, s'enorgueillir d'avoir créé E. Daniely, une société de couture pour clients aisés. Fondée il y a 14 ans, l'entreprise comptabilise 10 millions de couronnes de ventes annuelles et se tourne déjà vers les marchés étrangers.

Exceptions confirmant la règle ? De moins en moins car l'action conjugée du gouvernement et des ONG devrait changer progressivement la donne. Reste d'autres problèmes à aborder dans les années à venir, comme l'accès au travail des Roms, et peut-être d'abord des femmes rom.