Impression 3D : une start-up tchèque utilise un matériau à partir de déchets plastiques des océans

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Près de l’étang de Most se trouve une réplique, en plus petit, de la Tour Eiffel, installée à l’occasion des JO de Paris et du festival olympique organisé dans cette ville du nord de la Bohême : fabriquée grâce à l’impression 3D, elle a surtout été réalisée à partir de déchets plastiques récupérés dans les océans. Un projet mené par une start-up tchèque qui se spécialise dans cette technologie innovante.

Selon une étude menée par le Parlement européen, jusqu’à 12 millions de tonnes de plastique finissent dans nos océans : un constat alarmant pour la planète et la biodiversité. Partout dans le monde, des organisations s’efforcent de collecter les plastiques à la surface de l’eau afin de les réutiliser. L’une des options récentes à avoir vu le jour s’appelle « oPET », un matériau recyclé à partir de déchets plastiques pêchés dans les océans.

Depuis quelques années, la Tchéquie se distingue par son marché dynamique de l’imprimerie 3D, son fleuron étant l’entreprise Prusa Research, fondée en 2012, et devenue depuis un des plus grands fabricants d’imprimantes 3D de bureau au monde. D’autres start-ups se sont engouffrées dans la voie ouverte par le pionnier qu’est Josef Průša, comme c’est le cas de la société 3DDen.

Jan Hřebabecký | Photo: Český olympijský tým/YouTube

A Xaverov, près de Prague, un ancien hangar à volaille, des dizaines d’imprimantes 3D fonctionnent à plein. La réplique de la Tour Eiffel, produite en trois mois dans ces locaux, est un des plus gros projets jamais réalisés par la start-up créée par Jan Hřebabecký :

« Il y a actuellement environ 200 imprimantes 3D dans la halle. Devant nous, se trouvent nos propres machines qui sont adaptées à l’impression d’un matériau très spécifique. Il s’appelle oPET et c’est du plastique pêché dans l’océan. Au premier coup d’œil ou au toucher, on ne le voit pas. Ce matériau requiert des conditions extrêmes en termes de température et de refroidissement. Et c’est quelque chose d’impossible à obtenir avec des machines conventionnelles. »

Si la start-up a commencé avec des imprimantes de l’entreprise Prusa Research, Jan Hřebabecký explique qu’il a dû rapidement passer à d’autres types de machines : ainsi, certaines machines sont construites sur mesure par les experts de la société 3DDen. Uniques en leur genre, ce sont elles qui produisent des objets à partir du filament écologique fabriquée à partir de bouteilles en plastique recyclées et d’autres déchets repêchés dans les océans du monde entier. Le tout, à un prix inférieur à celui du filament neuf fabriqué à partir de plastique vierge.

L’impression 3D da réplique de la Tour Eiffel | Photo: Český olympijský tým/YouTube

Jan Přindiš est le directeur de production pour la société Filament PM qui, comme son nom l’indique, fabrique des filaments qui servent ensuite aux imprimantes 3D. Ils sont produits à partir de granulés de bouteilles en plastiques rejetées par la mer :

« C’est un matériau fabriqué en Suisse. A l’origine, il s’agit d’une bouteille en plastique ordinaire qui doit être dessalée et doit ensuite sécher pendant une longue période. Il nous est ensuite livré pour la production. »

Il a fallu six mois aux développeurs tchèques pour apprendre à travailler avec ce matériau, dont les propriétés diffèrent de celles du plastique classique.

Photo: Český olympijský tým/YouTube

Donner une seconde vie aux bouteilles en plastique et contribuer à dépolluer les océans est le double objectif de la production de ce matériau. Jan Hřebabecký souligne que ce plastique provient de l’Océan Pacifique et que malgré la distance et le transport, le récupérer et lui faire traverser la planète pour le retraiter, vaut la peine :

« En échange du travail de collecte, les résidents locaux, des pêcheurs le plus souvent, reçoivent de l’eau potable et de la nourriture. Une partie du plastique est triée sur place, le reste est traité en Suisse. Le résultat est ce granulé spécial à partir duquel nous sommes la seule entreprise au monde à pouvoir fabriquer une vaste gamme de produits. »

Avec cette technologie, la société 3DDen fabrique des médailles, des miniatures, des figurines, des jouets mais aussi des meubles design. Avec ses 12 mètres de haut et les 1 500 pièces en plastique recyclé qui la constituent, la réplique de la Tour Eiffel installée près de l’étang de Most dans le cadre du festival sportif organisé pour les JO d’été servira d’arrière-plan pour le site qui accueillera les champions olympiques tchèques à leur retour de Paris.