Inauguration du monument Edvard Benes à Sezimovo Usti

Le monument à la mémoire du président Edvard Benes à Sezimovo Usti, photo: www.sezimovo-usti.cz
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Un monument à la mémoire du deuxième président tchécoslovaque Edvard Benes a été inauguré à Sezimovo Usti en Bohême du sud, samedi dernier, le jour du 121e anniversaire de sa naissance.

Le monument à Edvard Benes, deuxième président tchécoslovaque ayant succédé, en 1935, à Tomas Garrigue Masaryk, fait partie de la résidence présidentielle édifiée à Sezimovo Usti en 1930. La résidence était fermée au public jusqu'en 1990. Installer une exposition sur la vie et les activités politiques et publiques de Benes était le souhait de son épouse, Hana, qui a légué la villa à l'Etat en 1974. C'est donc 30 ans après que son souhait s'accomplit. Le monument abrite une exposition retraçant la vie privée et politique de Benes : ses études secondaires en France, à Dijon, ses activités de journaliste et traducteur de la littérature française, son entrée dans la politique et ses mérites pour la création de la République tchécoslovaque, en 1918. Pendant dix-sept ans, Edvard Benes était ministre des Affaires étrangères de la première république. Sa villa, à Sezimovo Usti, était le lieu de rencontres avec des personnalités tchèques et étrangères, dont le diplomate Chamberlain et les chefs de gouvernements yougoslave et roumain. Contraint d'accepter le honteux diktat de Munich, Benes n'a jamais cessé d'oeuvrer en faveur de son annulation. Cet effort fut couronné de succès : en 1942, la France et la Grande-Bretagne ont révoqué leur signature. La guerre terminée, une nouvelle épreuve cruciale attendait Edvard Benes en février 1948, date du coup d'Etat communiste : après avoir refusé de signer la constitution communiste, il a été obligé d'accepter la démission des ministres démocratiques suite à quoi il abdique, le 7 juin 1948. Le nom du deuxième président tchécoslovaque reste lié aux décrets adoptés après la guerre par l'Assemblée nationale provisoire qui, dans les années 90 notamment, ont provoqué de vives polémiques. Quant à Sezimovo Usti, aucune protestation n'a accompagné l'inaguration du monument, à l'exception de quelques articles parus dans la presse bavaroise.