Israël Horovitz, sa star tchèque et son mari

Israël Horovitz, photo: CTK

« Quelque part dans cette vie », en tchèque « Chvile pravdy », une pièce de l'Américain Israël Horovitz, est présentée, vendredi soir, en première, sur la prestigieuse scène pragoise Divadlo na Vinohradech. A cette occasion, Israël Horovitz, auteur de plus de cinquante pièces de théâtre traduites dans une vingtaine de langues différentes, scénariste, professeur, père de cinq enfants et, jadis, ami de Beckett et de Ionesco, Israël Horovitz est donc venu, pour quelques jours à Prague. Enrhumé, mais séduit par la ville et le travail de ses collègues pragois, il a lancé au public : « Je reviendrai ! Mais pas en hiver. »

Israël Horovitz, photo: CTK
« Il y a trois ans, j'ai reçu un e-mail qui gagnerait, à coup sûr, le prix du meilleur e-mail dans l'histoire de la poste électronique : « Bonjour, je m'appelle Dagmar Havlova, je suis comédienne et je jouerai dans votre pièce Quelque part dans cette vie, qui sera montée en tchèque, à Prague. Mon mari est l'ancien président de la République. » Ce n'est qu'une des nombreuses histoires qu'Israël Horovitz a racontées aux amateurs de théâtre, futurs comédiens, cinéastes et metteurs en scène pragois, réunis jeudi soir dans une petite salle de Mala Strana. Devant ce jeune auditoire, I. Horovitz s'est souvenu surtout de ses propres débuts artistiques. « Ne vous laissez jamais décourager. La vie est un mystère. Tout y est possible », a-t-il souligné.

Comment trouve-t-il l'adaptation tchèque de « Quelque part dans cette vie » ?

Dagmar Havlova et Petr Kostka, photo: CTK
« J'ai été très content de voir Dagmar Havlova sur le plateau. C'est une grande comédienne et Petr Kostka, qui joue avec elle, est excellent, lui aussi. J'ai aimé la mise en scène de ma pièce, je la trouve très réussie et très 'tchèque'. Je ne comprends pas la langue (mon tchèque est encore pire que mon français...), mais j'ai bien suivi les réactions du public. Et je suis content : il rit là où il faut rire et s'émeut là où il faut être ému. C'est une sorte de miracle, pour moi, d'être à Prague et d'y voir ma pièce ! »

Vous avez, sans doute, rencontré Vaclav Havel ?

« J'ai passé un après-midi avec Vaclav Havel en 1968. Il est venu à New York, pour assister à la première de sa pièce « Mémorandum ». A cette époque, on donnait ma pièce 'L'Indien cherche le Bronx', avec Al Pacino, dans un théâtre juste à côté. J'avais 17 ans, Al Pacino aussi, Vaclav Havel avait une trentaine d'années... Après, quand il était emprisonné, nous avons organisé, avec des amis dramaturges, une grève et une manifestation, pour le soutenir. Vous savez, pour moi, c'était un héros. Aujourd'hui, c'est le mari de ma star... »

« Quelque part dans cette vie » sera, en octobre, reprise à Paris. La dernière pièce d'Israël Horovitz, « Le secret de la baignoire de Madame Bonnard » sera montée au printemps par la compagnie de théâtre française Hercub'.

Auteur: Magdalena Segertová
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