Jaroslava Moserova, femme aux multiples talents, n'est plus

Jaroslava Moserova, photo: CTK

Médecin, politicienne, pianiste, écrivain, traductrice, sportive... La liste des activités auxquelles Jaroslava Moserova a goûté au cours de sa vie est impressionnante. Cette femme pas comme les autres s'est éteinte, vendredi dernier, à l'âge de 76 ans, des suites d'un cancer. Alena Gebertova

Jaroslava Moserova, photo: CTK
Spécialiste des grands brûlés, médecin soignant et témoin des derniers moments de la vie de Jan Palach qui s'est immolé par le feu en 1969, candidate aux élections présidentielles en 2003, traductrice des romans policiers de Dick Francis. C'est dans ces trois rôles que Jaroslava Moserova est probablement la plus connue des Tchèques. Pourtant, encore plusieurs autres missions lui ont incombé : elle fut ambassadrice de la République tchèque en Australie, présidente de la Conférence générale de l'UNESCO. Personnalité d'une richesse extraordinaire, on la savait douée pour le piano, la peinture, l'écriture, le sport. Tout semblait l'intéresser, tout semblait facile pour elle. En 2004, Jaroslava Moserova s'est vue remettre par la République française les insignes d'Officier de l'Ordre National du Mérite. Ecoutons ce qu'elle avait alors déclaré à l'égard de la politique culturelle de la France...

« Mon admiration pour la France découle en grande partie du fait que les Français ont un grand respect pour leur culture, qu'ils y investissent des moyens et soutiennent la création audiovisuelle nationale. Bref, ils sont conscients de l'importance et du poids de la culture. »

« Je ne sais pas où cette menue femme puisait sa volonté et son courage », se souvient Petr Pithart, ex-président du Sénat, en allusion au physique apparemment fragile de Jaroslava Moserova. Evoquant les qualités de Moserova, ses très nombreux amis parlent en outre de modestie, d'un sens prononcé de l'humour ou encore d'une noblesse de l'esprit. L'article que le médiateur Otakar Motejl consacre dans l'édition de samedi du quotidien Lidove noviny à celle qui était son amie proche, s'intitule « Plusieurs vies d'une dame noble et sûre ». A sa fin, il écrit : « Toute vie, aussi riche soit-elle, prend fin un jour. Une telle vie s'est éteinte. Mais le monde est dorénavant plus pauvre d'un être rare ».