Kipsang, Kiprotich, Keitany et deux records pour le 6e semi-marathon d’Olomouc

Stephen Kiprotich, Mary Keitany et Wilson Kipsang, photo: RunCzech

La 6e édition du semi-marathon d’Olomouc, couru samedi soir, a été marquée par la participation de quelque 5 000 coureurs et trois authentiques vedettes mondiales de l’athlétisme : le champion olympique et du monde en titre du marathon Stephen Kiprotich, l’ancien recordman du monde du marathon Wilson Kipsang et l’ancienne recordwoman du semi-marathon Mary Keitany. Si cette dernière s’est imposée chez les femmes, chez les hommes, en revanche, c’est un inconnu de 22 ans, Josphat Kiprop Kiptis, qui s’est imposé en 1h00’21’’, à sept secondes seulement du record du parcours. Un reportage de Benoît Rouzaud, 38e à l’arrivée et premier Français de la course en 1h15’09’’.

Le 6e semi-marathon d’Olomouc, photo: RunCzech
Grâce à des conditions météo particulièrement propices à la pratique de la course de fond et un public très nombreux sur le bord des routes de la belle cité morave, la cinquième étape de la RunCzech running league 2015 a une nouvelle fois été une belle fête populaire qui, dans la catégorie élite, a livré un scénario inattendu et permis d’établir des performances à la hauteur de l’évènement. Pas moins de trois records sont tombés dans la soirée : le record féminin du parcours et les meilleures performances tchèques masculine et féminine jamais réalisées à Olomouc. La star du plateau élite, le Kényan Wilson Kipsang, n’est pas parvenu à conjurer le sort après sa deuxième place de l’an dernier. De son côté, Mary Keitany, elle, a tenu son rang en ajoutant un trophée de plus à son palmarès déjà bien fourni et en établissant un nouveau record de l’épreuve en 1h06’38’’.

Stephen Kiprotich, Mary Keitany et Wilson Kipsang, photo: RunCzech
Deux semaines après le semi-marathon de České Budějovice, l’équipe de CzechRun, la société organisatrice notamment du marathon de Prague, a remis le couvert cette fois en Moravie du Nord pour orchestrer la 6e édition du semi-marathon d’Olomouc. Et tous les moyens avaient été mis en œuvre pour attirer trois stars planétaires de la course sur route. Ainsi, les deux ex-détenteurs tout juste destitués de records du monde, respectivement Wilson Kipsang sur marathon et Mary Keitany sur le semi féminin, sans oublier le champion olympique et du monde en titre du marathon, l’Ougandais Stephen Kiprotich, avaient fait le déplacement depuis la vallée du Rift pour fouler les pavés moraves. Il faut dire que l’épreuve jouit d’une sacrée réputation grâce notamment à l’attribution d’un label « or » par la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF), synonyme d’excellence sportive et organisationnelle. Grand favori de cette édition, Wilson Kipsang est revenu, au micro de Radio Prague, sur les motifs qui l’ont amené à faire le voyage depuis Iten jusqu’à Olomouc pour la deuxième année consécutive :

Wilson Kipsang, photo: Benoît Rouzaud
« J’ai décidé de revenir parce que, l’an dernier, c’est le lièvre qui a gagné. La dernière fois, j’ai réellement apprécié mon séjour en République Tchèque, car les gens sont très amicaux. J’affectionne le semi-marathon d’Olomouc, car beaucoup de gens encouragent les athlètes tout au long de la course. Surtout, c’est un bon parcours avec un plateau compétitif et de bonnes conditions météo. Je me suis bien entraîné et cette course est une bonne opportunité pour savoir si je suis en forme en vue de ma participation au marathon des championnats du monde à Pékin. »

Josphat Kriprop Kiptis contre vent et pavés

Photo: RunCzech
Malgré un petit vent jamais très apprécié des coureurs, une température clémente avoisinant les 15 °C a permis de concrétiser tous les espoirs de performances. Une aubaine pour les organisateurs après la canicule qui avait sévi il y a quinze jours à České Budějovice et annihilé tout espoir de record en désagrégeant le plateau élite.

Deuxième en 2014, battu sur le fil par son lièvre et sparring-partner Geoffrey Ronoh, Wilson Kipsang, crédité d’un temps de 2h03’23’’ sur marathon, avait à cœur de l’emporter et de se rassurer en signant un chrono digne de ce nom pour sa dernière course officielle avant les Mondiaux de Pékin. Seulement voilà, les années se suivent et se ressemblent parfois, puisque comme lors de l’édition précédente, un trouble-fête s’est invité sur la première marche du podium. Du haut de ses 22 ans, le prometteur et souriant Josphat Kiprop Kiptis a ravi la vedette à Kipsang de presque dix ans son aîné en s’imposant en 1h00’21’’ et en échouant à sept petites secondes du record du circuit.

Prenant la poudre d’escampette en compagnie de ses compatriotes Jonathan Maiyo et Jairus Kipchogue Birech dès les premiers kilomètres, Kiptis comptait déjà 28” d’avance au passage au 10e kilomètre sur maître Kipsang. Un gouffre. Le trio composé s’est ainsi adjugé les trois premières places, reléguant Wilson Kipsang à la cinquième place à 1’48’’. Quant à Stephen Kiprotich, l’autre star de ce plateau masculin, la course a confirmé que le spécialiste des championnats sur marathon n’avait pas l'âme d'un semi-marathonien en terminant 10e en 1h03'07’’. Malgré cette relative contre-performance, l’Ougandais s’est pourtant voulu confiant quant à la suite de sa saison :

« C’est une bonne course pour ma préparation parce qu’elle est dure. Ce semi-marathon me permettra de courir la prochaine course plus vite. Je ne suis ni déçu ni satisfait de ma performance : c’est un résultat mitigé parce que j’ai commencé à m’entraîner il y a seulement deux mois de cela et je n’ai pas encore atteint mon pic de forme. Je vais maintenant me concentrer sur mon entraînement et retourner travailler au Kenya pour gagner le championnat du monde à Pékin. »

Seule star à tenir son rang de favorite, Mary Keitany a triomphé à Olomouc en l’emportant haut la main en 1h06'38". Accompagné de son lièvre de mari, la Kényane a pulvérisé le record de l’épreuve de plus de deux minutes et relégué Rose Chelimo, victorieuse à České Budějovice, à près de deux minutes.

Jan Kreisinger s’empare du record masculin

Jan Kreisinger, Petra Kamínková, Josphat Kiptis, Mary Keitany, photo: Benoît Rouzaud
Du côté des coureurs tchèques, la sociétaire de l’Atletický klub Olomouc, Petra Kamínková terminé première locale devant son public en 1h17’44’’ à seulement 9’’ du record établi l’année dernière par sa compatriote Petra Pastorová. Petra Kamínková a confié sa satisfaction à l’arrivée :

« Je suis très heureuse non seulement d’être la première femme tchèque mais aussi de mon temps à l’arrivée. Maintenant, je m’apprête à partir en France pour participer à Marjevols-Mende. C’est une course très difficile et je suis déjà très impatiente d’y être. »

Chez les hommes, l’expérimenté Jan Kreisinger a dominé son partenaire de l’Atletický klub Kroměříž Jiří Homoláč, vainqueur à České Budějovice. Il est ainsi devenu le nouveau recordman de l’épreuve en 1h05’50’’, record qui appartenait d’ailleurs à son rival Homoláč. Une victoire de bonne augure pour celui qui se prépare pour le marathon de Berlin à la rentrée en vue d’y réaliser les minimas pour les Jeux de Rio.

Photo: Benoît Rouzaud
Ce 6e semi-marathon Olomouc a refermé un printemps au cours duquel se sont enchaînées quatre courses d’une RunCzech running league désormais bien ancrée dans le calendrier international des courses de fond. L’équipe de CzechRun va maintenant pouvoir s’accorder un peu de répit avant de préparer la rentrée, comme le précise Pavel Kaidl, responsable de la communication :

« Le semi-marathon d’Olomouc a clos effectivement la saison printanière de courses que nous organisons et qui avait commencé avec le semi-marathon de Prague fin mars. Après la traditionnelle pause estivale, nous reprendrons notre série Czech Run en septembre avec le Grand Prix de Prague sur 10 kilomètres pour les hommes et 5 kilomètres pour les femmes. Comme ce week-end ici à Olomouc, il y aura de nouveau plus de 8 000 participants, c’est donc le prochain grand rendez-vous qui nous attend. »