La Bourse de Prague lorgne du côté de Sofia

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La bourse de Prague s'est déclarée intéressée par l'appel d'offre lancé par la bourse de Sofia pour le rachat de 44 % de ses parts de marché. D'autres compétiteurs en Europe centrale sont cependant en lice et la partie est loin d'être gagnée. Si la notion de Stock Exchange apparait hérmétique aux non-initiés, elles n'en forme pas moins une face inconnue de la construction européenne. Car à l'heure de l'UE, la tendance est aux partenariats entre marchés financiers.

D'ici la fin avril, le gouvernement bulgare devrait vendre 44 % de ses parts dans le Stock Exchange de Sofia. Le ministre des Finances bulgare Plamen Oresharski l'a annoncé en décembre 2006 et un programme concret devait être mis en place à la mi-avril.

La bourse de Prague s'est immédiatement portée candidate mais elle n'est pas seule dans ce cas. Si elle remportait la palme, ce serait le premier investissement de la République tchèque à l'étranger dans le domaine boursier. Pour Jiri Kovarik, porte-parole de la bourse de Prague, Sofia possède un énorme potentiel et Prague pourrait en tirer un gros bénéfice.

Et de faire un parallèle entre les évolutions tchèque et bulgare. Au début des années 90, la bourse de Prague avait connu, grâce aux privatisations massives, une rapide croissance, avant de connaître un flottement, jusqu'au début des années 2000. Pour Kovarik, le Stock Exchange bulgare, encore à ses débuts, devrait connaître le même dynamisme et donc représenter un investissement rentable.

Le taux de capitalisation de la bourse de Sofia s'élève 7,8 milliards d'euros contre 58 milliards d'euros pour le Stock Exchange de Prague. La compétition sera pourtant ardue pour Prague car de plus gros poissons regardent également du côté de Sofia.La plupart des aspirants sont des bourses d'Europe centrale : La Deutsche Börse, le Stock Exchange de Vienne ou encore celui de Varsovie. Parmi les intéressés, on compte aussi les bourses italiennes et scandinaves.

Tandis que la bourse de Prague compte 0,3 % du marché financier européen, celle de Varsovie représente 0,8 % et celle de Vienne 1,1 %. La Deutsche Börse plane quant à elle à 11 %. Notons que les deux plus gros marché boursiers européens, Londres et Paris, ne sont pas portés parmi les candidats officiels à l'investissement bulgare.

Depuis l'année dernière, la bourse de Prague affiche clairement ses intentions : rattraper le niveau des marchés régionaux comme Vienne ou Budapest, où le volume quotidien des échanges peut s'élever à 18 millions d'euros. Parmi les principaux handicaps du marché boursier tchèque, son manque d'expérience dans les partenariats internationaux. Même si, depuis 2006, une évolution est nettement perceptible.

Outre un rapprochement avec la banque autrichienne Raiffeisen, les autorités du Prague Stock Exchange ont effectué en 2006 une visite en Asie du Sud Est. Au Vietnam, ils ont conclu des accords avec le Centre de Sécurité Financière de Ho Chi Minh Ville. Les deux pays devraient développer un partenariat axé sur le partage d'informations financières et le développement de produits dérivés.

Ce qui manque à Prague est sans doute un partenariat actif en Europe centrale. Peut-être devrait-elle s'inspirer de l'exemple grec, très actif dans la coopération régionale en Europe du sud-est. La bourse de Vienne a déjà signé de nombreux accords avec ses homologues croates, bosniaques, serbes et roumaines. Vienne aurait même déjà collaboré avec le Stock Exchange de Sofia, comme d'ailleurs Athènes, qui avait présenté à Sofia, son centre de transaction partagé avec Chypre. Des expériences qui pourraient avantager Autrichiens et Grecs dans l'appel d'offre bulgare.

L'opérateur du marché grec Hellenic Exchanges, l'allemand Deutsche Börse et le suédois OMX ont par ailleurs déjà entamé des discussions préliminaires avec Sofia. Le but du marché boursier est d'attirer les plus grosses capitalisations boursières. Ainsi le Stock Exchange de New-York rassemble 2 300 entreprises cotées. Les actionnaires investissent directement dans l'entreprise et ce système permet ainsi un financement direct, sans intermédiaire bancaire. Le marché boursier est donc important non seulement parce qu'il génère des revenus en soi, mais aussi parce qu'il dynamise le secteur économique.

L'actuelle Bourse de Prague date de novembre 1992. Il existait déjà une bourse à Prague en 1861, mais elle fut fermée par le régime communiste après la Seconde Guerre mondiale.