La coalition de centre droit SPOLU remporte les élections législatives tchèques

SPOLU - Markéta Pekarová Adamová, Petr Fiala, Marian Jurečka

Formée par trois partis d'opposition, la coalition SPOLU (Ensemble) a remporté les élections législatives tchèques.

Composée de trois partis de droite et de centre-droit (Parti civique démocrate ODS, TOP 09 et Parti chrétien démocrate KDU-ČSL) la coalition SPOLU a remporté les élections législatives tchèques organisées les 8 et 9 octobre 2021, avec un score de 27,78% des suffrages (résultats après le dépouillement 99,97% des voix).

Ce résultat représente une très faible avance sur le favori du scrutin, le mouvement ANO du Premier ministre sortant Andrej Babiš qui a recueilli 27,13% des suffrages. Un renversement spectaculaire après que des résultats préliminaires publiés samedi après la fermeture des bureaux de vote ont placé ANO en tête.

Deux alliances majoritaires à la chambre basse 

Andrej Babiš | Photo: Michal Kamaryt,  ČTK

L’autre coalition d’opposition composée du Parti pirate et du parti libéral STAN arrive en troisième position avec 15,60% des voix, devant le parti d’extrême-droite SPD (9,59%).

Avec 108 mandats (contre 72 mandats pour ANO), les deux alliances des partis d’opposition disposent d’une majorité à la Chambre qui compte 200 députés.

Président du Parti civique démocrate (ODS) et leader de la coalition SPOLU, Petr Fiala est donc le mieux placé pour devenir le nouveau Premier ministre.

Toutefois, c'est le chef du mouvement ANO et Premier ministre sortant Andrej Babiš qui sera accueilli, dimanche, par le président de la République Miloš Zeman au château de Lány. Le chef de l'Etat a répété plusieurs fois qu'il considérait les coalitions de partis participant aux élections comme « une arnaque aux électeurs ».

Dans son discours prononcé samedi soir, Andrej Babiš a félicité Petr Fiala, avant de déclarer qu’il fallait attendre pour voir si le président de la République allait le charger de former un gouvernement ou non. Selon Andrej Babiš, le mouvement ANO a signé « un excellent résultat » aux législatives, face à la « campagne anti-Babiš » massive des partis d’opposition.

Débâcle des sociaux-démocrates et des communistes

Jan Hamáček | Photo: Michaela Říhová,  ČTK

Pour la première fois depuis sa fondation en 1921, le parti communiste tchèque KSČM qui n’a recueilli que 3,60% des suffrages aux législatives, ne sera pas représenté à la Chambre des députés. Encore avant l’annonce des résultats définitifs du scrutin, la direction du parti a annoncé sa démission.

Avec un score de 4,66% des voix, le parti social-démocrate ČSSD, membre avec le mouvement ANO de la coalition gouvernementale sortante, n’accède pas non plus à la Chambre. Vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jan Hamáček a lui-aussi renoncé à ses fonctions de président du ČSSD.

L’ancien officier de police Robert Šlachta finit avec son nouveau parti baptisé Přísaha juste en-dessous des 5% nécessaires pour siéger à la chambre basse, mais ses 4,68% des voix sont un succès : ce résultat est à hauteur des sociaux-démocrates et suffit pour devancer les communistes.

Le taux de participation a atteint 65,42%, contre 60,84% lors des élections de 2017.

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