La France récompense les jeunes chercheurs tchèques

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La 11ème cérémonie de remise des Prix scientifiques décernés à de jeunes chercheurs tchèques par l’Ambassade de France et les sociétés Areva, Bull, Rhodia CR, Sanofi et Pierre Fabre Médicament s’est tenue ce mardi au Palais Buquoy à Prague. A l’origine de cette initiative, le Professeur et Prix Nobel de chimie, Jean-Marie Lehn, a présidé l’événement et félicité les candidats. Vingt-quatre étudiants ont, cette année, été récompensés pour leurs travaux en sciences computationnelles, sciences nucléaires, chimie, pharmacie et médecine. Les premiers lauréats de chaque catégorie se sont vus offrir un chèque par les entreprises partenaires mais auront aussi la possibilité d’effectuer un stage dans un laboratoire français. Un coup de pouce appréciable pour ces jeunes tchèques mais aussi une excellente façon de renforcer les liens entre la République tchèque et la France.

C’est désormais devenu une tradition : tous les ans le professeur Jean-Marie Lehn se rend à Prague pour récompenser les meilleurs espoirs de la recherche scientifique tchèque. Créés au lendemain de la révolution de velours, ces prix devaient à l’origine permettre de développer l’excellence scientifique d’un pays encore dans une situation économique difficile. Rhônes-Poulenc (devenue aujourd’hui Sanofi-Aventis), première entreprise partenaire, avait à l’époque misé sur le potentiel des laboratoires tchèques. Un pari sur l’avenir qui porte aujourd’hui ses fruits. Les travaux des jeunes scientifiques tchèques sont prometteurs et les firmes françaises associées au projet se réjouissent de cette collaboration. Cette année, deux nouvelles compagnies, Bull et Areva, ont décidé de rejoindre l’aventure. Thomas Epron, directeur général d’Areva, en République tchèque explique les raisons et les objectifs de cette coopération :

Thomas Epron
« Il faut savoir qu’aujourd’hui en Europe, deux pays sont particulièrement en pointe dans la recherche et le développement dans le domaine nucléaire. Il y a bien entendu la France avec son opérateur historique et sa chaîne industrielle complète. Moins connu des profanes, la République tchèque est aussi un des pays leader dans ce domaine-là avec un parc installé important et un véritable outil industriel. Nous souhaitons aujourd’hui augmenter notre intimité et nos partenariats avec l’industrie et le milieu académique tchèques, qui sont très importants pour le futur de l’industrie nucléaire en Europe. »

Si les entreprises de l’hexagone se félicitent du développement des partenariats entre les deux pays, les jeunes chercheurs tchèques y trouvent eux aussi leur compte. En plus d’une récompense financière, les deux premiers lauréats de chaque catégorie ont reçu une bourse d’études pour un stage de recherche d’un mois dans un laboratoire français de leur choix. Le premier prix de chimie, « Prix Sanofi Pharmacie » a été décerné à Ilona Chlubnová pour ses travaux sur la synthèse des glycoconjugués bioactifs. Pour la jeune chercheuse de l’Institut de Chimie technologique de Prague, cette distinction est une véritable chance :

« Je pense que c’est un prix très prestigieux, donc c’est une très bonne opportunité pour débuter ma carrière de jeune chercheuse. J’aimerais effectuer le mois de stage dans la société Sanofi-Aventis dans la recherche et le développement des vaccins. J’aimerais par la suite continuer à travailler en coopération avec la France et la République tchèque. J’ai effectué ce projet en partenariat avec l’Institut de chimie de Prague et l’école de chimie de Rennes. J’aimerais poursuivre dans cette voie. »

Une année d’ailleurs propice à la chimie, puisque 2011 a été déclarée année internationale de la chimie. Il y a tout juste cent ans Marie Curie recevait son deuxième Prix Nobel et faisait ainsi entrer les femmes dans l’histoire de la science. Le nombre important de lauréates lors de cette 11ème édition est un bel hommage rendu à la scientifique française. Les chercheuses tchèques ont le vent en poupe et les entreprises françaises ne peuvent qu’applaudir !