La grève des conducteurs a retardé des centaines de trains

Photo: CTK

Jeudi, à midi, une grève des conducteurs de trains, réunis au sein de la Fédération des conducteurs, a paralysé pour 30 minutes le trafic. Contre quoi les conducteurs protestent-ils, quel est l'écho de leur action ?

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Les conducteurs ont mis à exécution leur menace : 400 trains à l'exception des trains à grande vitesse, Pendolino, se sont arrêtés pour une demi-heure, jeudi, à midi, en signe de protestation contre le projet du code du travail actuellement débattu au parlement. Les conducteurs protestent contre un article de ce code où il est dit que le seul partenaire de l'employeur, lors de la négociation de la convention collective et donc, aussi, du montant des salaires, serait la plus grande union syndicale de l'entreprise. La Fédération des conducteurs de trains qui a organisée la grève ne fait pas partie des grandes organisations syndicales et donc, elle demande, logiquement, que l'article privilégiant ces dernières soit supprimé. Petr Cechak, président de cette fédération :

Petr Cechak (à droite), photo: CTK
« Nous sommes entrés en grève pour protester contre la violation du droit constitutionnel et de la Charte des droits et des libertés fondamentales en République tchèque. L'article numéro 24 du nouveau code du travail constitue une violation, puisqu'il crée un privilège, en contestant la position égale en droits des différentes centrales syndicales. »

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Selon Petr Cechak, près de 90 % des conducteurs se sont mis en grève. La direction des Chemins de fer n'est pas d'accord: moins de 5% d'un total de 6870 trains qui roulent quotidiennement sur les voies ferrées auraient été retardés. La grève, si courte soit-elle, a provoqué de vives réactions. La plus grande organisation syndicale des chemins de fer, OSZ, qui a une position dominante, a pris une attitude opposée à celle de la Fédération des conducteurs : elle menace d'une grève au cas où l'article controversé serait supprimé du nouveau code du travail. D'après le ministre des Transports, Milan Simonovsky, la grève a été inadéquate à la situation : il est inadmissible que les conducteurs paralysent le transport à cause de leurs intérêts personnels, a-t-il dit. Il n'empêche que les conducteurs avertissent : la grève de jeudi a été la première, d'autres pourraient suivre au cas où leurs revendications ne seraient pas entendues. Petr Cechak :

« Pour l'instant, seule la Fédération des conducteurs s'est mise en grève, mais elle jouit d'ores et déjà d'un soutien d'une dizaine d'autres centrales syndicales, non seulement du domaine des transports, mais aussi de celles des médecins, des pilotes, des aiguilleurs du ciel, donc de tous ceux qui seraient, comme nous, défavorisés par l'article en question du nouveau code du travail et qui ont donc la même crainte. »