La prochaine élection présidentielle remet sur la table la question du retour de Jiri Cunek au sein du gouvernement

Mirek Topolanek et Vaclav Klaus, photo: CTK

Mercredi, le château de Lany, résidence présidentielle située près de Prague, a accueilli le traditionnel déjeuner solennel offert par le président Vaclav Klaus au Premier ministre Mirek Topolanek.

Mirek Topolanek et Vaclav Klaus, photo: CTK
Deux points sont à retenir de cette rencontre qui se veut d’habitude plus amicale que strictement officielle. Il s’agit d’abord de l’absence des épouses des deux plus hauts représentants de l’Etat tchèque, en raison de la situation conjugale toujours délicate de Mirek Topolanek, une absence qui constitue une première dans l’histoire de ces déjeuners dits du « Nouvel An ». La politique a été en revanche probablement plus présente que jamais au menu des conversations du fait de la prochaine élection présidentielle, prévue pour le 8 février prochain. Vaclav Klaus étant le candidat du Parti civique démocrate (l’ODS), premier parti gouvernemental, la question de la tactique à adopter en vue de son soutien a été évoquée lors du déjeuner. Mirek Topolanek :

« La stratégie est claire. C’est la réélection du président Klaus. En ce qui concerne la tactique qui sera la nôtre, nous la tenons secrète. Cela dit, à l’instar de l’élection précédente, nous miserons sur la communication avec les gens, avec les députés surtout, car ce sont ces derniers qui votent. Nous nous efforcerons de les convaincre que la réélection de Vaclav Klaus, la confirmation de cet homme d’Etat dans son rôle, est dans l’intérêt de la République tchèque ».

Jiri Cunek
La prochaine élection présidentielle semble remettre sur la table la question du retour au sein du gouvernement de Jiri Cunek, chef du Parti chrétien-démocrate (KDU-CSL), qui a démissionné, il y a deux mois, de son poste de ministre de l’Aménagement du territoire et de vice-Premier ministre pour avoir abusé du régime des allocations sociales et pour être soupçonné de corruption. Mercredi, à l’issue justement du déjeuner de Lany, Mirek Topolanek a admis la possibilité de donner suite à la demande de son partenaire de coalition, le KDU-CSL, qui insiste sur la réintégration de Jiri Cunek, aujourd’hui « réhabilité » par le procureur, et au sein duquel il existe un clivage entre les partisans de Vaclav Klaus et de l’autre candidat à l’élection présidentielle, Jan Svejnar. Le come-back de Cunek, sous la baguette de Mirek Topolanek, serait-il le prix à payer par le Premier ministre pour obtenir des chrétiens-démocrates leur éventuelle promesse de donner leurs voix à leur candidat présidentiel ? Jiri Cunek refuse un tel marchandage, l’hypothèse est pourtant largement soutenue en coulisses et dans les médias. Martin Bursik, chef du parti des Verts, troisième parti de la coalition gouvernementale, demeure à ce sujet catégorique : le retour de Jiri Cunek au sein du gouvernement est pour lui inadmissible.