La République tchèque a un besoin crucial de main-d'oeuvre étrangère

Photo: Commission européenne
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Depuis trois mois, le ministère du Travail tchèque a mis en place un site web dans le cadre d'un projet pilote qui a pour but d'attirer les travailleurs qualifiés des pays hors Union européenne, tels que la Biélorussie, la Moldavie, le Kazakhstan, la Bulgarie ou encore la Croatie.

Photo: Commission européenne
L'Europe vieillit. Et la République tchèque n'échappe pas à ce phénomène démographique puisque les statistiques prévoient qu'en 2050, il y aura 800 000 personnes de moins dans un pays qui compte actuellement plus de 10 millions d'habitants. D'où une baisse du volume de la main-d'oeuvre, également due à la « fuite des cerveaux »à l'étranger, et la nécessité de parer au plus vite à ce manque en faisant appel à l'immigration. Ce qui est en jeu, pour l'Union européenne, c'est son ambition d'être la première puissance économique mondiale.

En République tchèque, le ministère du Travail a lancé un projet qui entend faire venir des étrangers, venus des pays de l'Est notamment, et qui veulent travailler en toute légalité en République tchèque. Cestmir Sajda, adjoint au ministre du Travail, expose la position qui a motivé le projet :

« Aujourd'hui la question ne se pose plus en ces termes, à savoir si nous acceptons l'immigration ou non, mais si nous sommes capables de la maîtriser, d'accueillir des migrants qualifiés, capables de s'adapter culturellement, et capables d'exécuter le travail dont nous avons besoin, en gros de s'intégrer à la société, ou bien au contraire si nous aurons des immigrants illégaux avec lesquels il y aura des problèmes. »

Le projet doit permettre aux étrangers d'obtenir une autorisation de résidence, après deux ans et demi de travail sur le sol tchèque, contre dix ans à l'heure actuelle. Les pages web du ministère sont en fait une sorte d'intermédiaire où les étrangers pourront déposer leur requête sous forme de profil professionnel de même que les entreprises tchèques qui pourront y faire paraître leurs annonces. C'est ce qu'explique Vera Ivanovicova, manager du projet :

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« Ça marche vraiment, et ça a pris une beaucoup plus grande ampleur que nous ne l'imaginions, parce que non seulement l'offre et la demande vont de paire, mais ça permet aussi parallèlement aux deux parties de chercher un nouveau travail ou bien au contraire, de chercher un employé, et ce d'une manière classique tout comme le permettent d'autres serveurs. »

La question des travailleurs immigrés reste un point délicat dans la société tchèque qui voit l'apport de main-d'oeuvre comme autant de personnes qui « prendraient leur place ». Les organisateurs du projet et le ministère n'ont donc de cesse de se vouloir rassurants, arguant du fait que toutes les démarches annexes - logement, permis de travail, visa etc. - doivent être menées par les personnes intéressées et que de fait, ces travailleurs n'occuperont que des postes pour lesquels l'employeur n'a pas trouvé de citoyen tchèque ou de l'Union européenne.