La République tchèque participe à l'effort collectif contre l'Etat islamique

Une trentaine de pays étaient réunis à Paris lundi pour discuter du soutien à l’Irak, photo: ČTK

Une trentaine de pays, dont les cinq membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU, étaient réunis à Paris lundi pour discuter du soutien à l’Irak dans le cadre de la lutte contre l’Etat islamique, organisation armée qui progresse au Moyen Orient depuis le début de l’été. La République tchèque, en la personne de son ministre des Affaires étrangères Lubomír Zaorálek, était de la partie. Prague participe en effet à l’effort collectif. Les Tchèques ont envoyé des munitions pour aider les combattants kurdes aux prises avec les islamistes et annoncé leur volonté de contribuer à l’entraînement des forces de sécurité irakiennes.

Une trentaine de pays étaient réunis à Paris lundi pour discuter du soutien à l’Irak, photo: ČTK
« Cette conférence a un seul objectif : apporter aux nouvelles autorités irakiennes le soutien politiques qui leur est nécessaire pour lutter contre une menace majeure qui s’appelle "daesh" et qui fait peser sur l’Irak, sur le Moyen-Orient et sur le monde, un risque majeur. »

François Hollande, ouvrant ainsi la conférence organisée à son initiative, utilise à dessein l’expression, "daesh". Cette nouvelle appellation péjorative utilisée par les communicants politiques correspond à l’acronyme arabe de l’Etat islamique et vise à lui contester notamment sa dimension d’Etat et sa dimension islamiste, dixit Laurent Fabius, le chef de la diplomatie française.

Pour la trentaine de pays réunis lundi, la conférence portait plusieurs objectifs : le soutien au régime du nouveau chef d’Etat irakien Fouad Massoum, qui coprésidait l’événement, l’aide humanitaire aux populations touchées par le conflit et la lutte armée contre l’Etat islamique. La République tchèque œuvre modestement à ces trois missions. Le ministre des Affaires étrangères, le social-démocrate Lubomír Zaorálek, a ainsi indiqué :

Lubomír Zaorálek (au milieu), photo: ČTK
« Nous allons principalement nous efforcer d’entraîner les forces de police irakiennes. Nous allons offrir un enseignement et un programme d’amélioration des forces de sécurité. »

Alors que les Etats-Unis notamment souhaitent frapper directement l’Etat islamisque, des pays comme la République tchèque participent de l’effort militaire à leur niveau. Prague a déjà envoyé plusieurs millions de munitions pour équiper les troupes kurdes qui luttent contre la progression des combattants islamistes.

Les ministères de la Défense tchèque et irakien collaborent aussi de façon renforcée ces derniers temps avec la signature d’un contrat prévoyant la fourniture de quinze avions de chasse L-159 à Bagdad et la mise en place d’un programme d’entraînement pour 31 pilotes irakiens sur le sol tchèque. Directeur général de LOM Praha, une société d’Etat en charge de l’entretien des hélicoptères, Roman Planička explique :

« En principe, c’est la première fois que le ministère irakien de la Défense signe un contrat prévoyant l’entraînement de pilotes hors d’Irak. »

De son côté, Míla Janišová, de l’organisation Médecins sans frontières, rappelle que si l’engagement militaire est sans doute important, il ne faudrait pas oublier l’aspect humanitaire :

« Ces gens manquent d’eau, ils manquent de biens de première nécessité, de matériel médical de base. Dans ces conditions, certaines femmes accouchent et leur enfant risque de subir une infection respiratoire des voies supérieures. Il faut aussi prendre cela en considération. »

Le gouvernement de Bohuslav Sobotka plancherait actuellement sur la question d’un plan humanitaire permettant d’aider les populations victimes des conflits qui embrasent la Syrie et l’Irak. Rien que pour ce dernier pays, il y aurait 1,8 million de personnes déplacées.