La scène politique tchèque face au «non» irlandais

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Comme il fallait s’y attendre, le «non » irlandais à la ratification du Traité de Lisbonne a suscité de nombreuses réactions sur la scène politique tchèque. Bien que ces réactions varient selon l’orientation politique et le degré de sympathies vis-à-vis de l’Union européenne, les hommes politiques tchèques s’accordent à constater que le résultat du référendum irlandais compliquera les activités de l’Union. Ils se demandent aussi si le processus de ratification doit continuer.

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Pour le président de la République Václav Klaus et le chef du Sénat Přemysl Sobotka, après le «non» irlandais, toute continuation du processus serait insensée. « Le projet du traité de Lisbonne est aujourd’hui fini à cause de la décision des électeurs irlandais et sa ratification ne peut plus continuer, » lit-on dans une déclaration officielle de Vaclav Klaus. Fidèle à sa réputation de critique de l’Union européenne, le président souligne que le résultat du référendum, je cite, «est une victoire de la liberté et de la raison sur les projets élitistes et la bureaucratie européenne.»

Quant au premier ministre Mirek Topolánek et au vice-premier ministreaux Affaires européennes Alexandr Vondra, leurs attitudes sont beaucoup plus nuancées. Après quelques hésitations, le Premier ministre a formulé ses opinions sur ce problème pour Český rozhlas (Radio publique tchèque):

Mirek Topolánek, photo: CTK
«A mon avis, le processus de ratification sous sa forme actuelle est terminé, même si la pression pour la ratification va encore continuer. Je ne pense pas qu’il soit possible d’adopter un traité qui n’est pas ratifié dans un pays. C’est le problème irlandais, mais il est totalement insensé d’obliger l’Irlande à organiser un nouveau référendum encore cette année, et personne ne l’a fait non plus vis-à-vis de la France et de la Hollande. J’avoue que c’est une complication, mais je ne pense pas que cela puisse influencer le fonctionnement de l’Union européenne.»

Et Mirek Topolánek de souligner que malgré les conséquences possibles du « non » irlandais la Tchéquie doit continuer ses préparatifs pour sa présidence de l’Union dans la première moitié de l’année 2009.

«Pour nous, les Tchèques, cela représente un grand défit et une grande responsabilité, parce qu’il est évident d’ores et déjà, qu’à partir du 1er janvier 2009 le traité de Lisbonne ne sera pas en vigueur. En ce cas, nous assumerons la présidence « à pleins pouvoirs » de l’Union européenne. Nos responsabilités seront beaucoup plus grandes, nous aurons beaucoup plus de négociations à mener. Nous devrons animer d’une façon, je dirais, beaucoup plus substantielle, la discussion au sein du Conseil de l’Europe et de l’Union européenne.»

Selon le chef de la diplomatie tchèque, Karel Schwarzenberg, le rejet du Traité de Lisbonne par l’Irlande ne facilitera certainement pas les « choses » en Europe, mais l’intégration européenne peut se poursuivre même avec les instruments déjà existant. A son avis, il faut que les pays européens s’interrogent maintenant s’il est possible de mettre en application, d’ores et déjà, certains éléments du Traité de Lisbonne et trouvent un consensus sur cette question.