La sécurité routière

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Nous arrivons à l'une des plus belles saisons de l'année, l'été. La période estivale, c'est aussi, pour beaucoup, la période des vacances, donc aussi, la période des voyages. Les voyages, en République tchèque, un petit pays au centre de l'Europe, ce sont surtout les plus ou moins longs trajets en voiture. La sécurité routière... c'est le sujet de notre rubrique consacrée à la vie de chaque jour des citoyens et des visiteurs de la République tchèque.

tre, les quotidiens, les magazines, la radio ou la télévision tchèques consacrent leurs articles ou leurs programmes à la circulation automobile, en premier lieu, à la sécurité routière. En général, il est constaté que la situation, dans ces domaines, n'est pas des meilleures en Tchéquie. Le plus souvent, la conclusion est que les chauffeurs tchèques se classent parmi les plus mauvais d'Europe. Les statistiques sont éloquentes : circuler sur les routes tchèques est deux fois plus dangereux que sur les routes de l'Union européenne. Il est des plus tristes de constater que les deux tiers des victimes de la route sont des personnes qui n'étaient pas responsables des accidents. Au sein de l'Union européenne, seuls les Grecs et les Portugais peuvent être comparés aux Tchèques, en ce qui concerne leur conduite sur la route. Quelles sont donc les raisons de cette situation quelque peu catastrophique ?

Les statistiques, encore une fois, révèlent une situation tragique. Prenons seulement le nombre de morts sur les routes tchèques : 14,5 victimes de la route pour 100 000 habitants en Tchéquie, contre 5,8 seulement en Grande-Bretagne ! Les chiffres trompent, depuis l'entrée en vigueur du nouveau code de la route. En effet, d'après celui-ci, les accidents de la route ne font l'objet d'un enregistrement qu'à partir de dommages dépassant les 20 000 couronnes (un peu moins de 700 euros). Cela signifie donc qu'une grande partie des accidents n'est pas répertoriée. Josef Mikulik, Directeur du Centre de recherche de la circulation routière, est catégorique : le nombre des accidents semble avoir diminuer, en raison des stipulations du nouveau code de la route, justement. En ce qui concerne le nombre de mort, sur la route, les chiffres sont implacables : la tendance reste tristement stable. La raison ?

Josef Mikulik, un spécialiste en matière de sécurité routière, est persuadé que la manière dont se conduisent les Tchèques au volant est le résultat de la conduite et de la manière de penser d'une bonne partie des Tchèques, au sein de la société. Il affirme : « Tant que la société considère que la voie du succès est représentée par la férocité, la vitesse et l'individualisme, il est difficile de penser que la conduite de cette même société, sur les routes, sera différente ». Bedrich Liska, président de l'Association des Auto-écoles tchèques, est du même avis : « La conduite du véhicule, c'est la dernière chose qui intéresse les automobilistes tchèques. Prenons l'exemple de l'utilisation du portable, au volant. Elle est interdite par le code de la route, mais la majorité des chauffeurs téléphone quand même. Pourtant, cette violation du code est à l'origine de la plus grande partie des accidents de la route bénins. Griller un feu rouge ? Cela devient le sport national des Tchèques » !

Quelle est donc la solution pour que les chauffeurs respectent le code de la route ? Les spécialistes sont unanimes : un plus grand nombre de policiers de la route, d'une part, et leurs plus grands pouvoirs, d'autre part. Il est clair, en effet, que l'automobiliste qui roule à 150 sur l'autoroute, alors que le code ne permet que 130 kilomètres à l'heure, lèvera le pied en apercevant une patrouille de police. Si la police de la route n'a même plus le pouvoir de retirer le permis de conduire à un chauffeur qui vient d'enfreindre gravement le code, on arrive à des paradoxes extraordinaires : on arrête un automobiliste en état d'ébriété avancée, mais on ne peut l'empêcher de continuer sa route au volant ! Situation extrême, diriez-vous ? Pourtant pas impossible, sur les routes tchèques ! La police de la route et les spécialistes de la sécurité routière affirment qu'il y a deux catégories de chauffeurs dangereux, sur les routes tchèques : les conducteurs de grosses cylindrées, qui se croient tout permis et sont des plus agressifs, et les chauffeurs du dimanche, ceux qui ne roulent pas souvent, prennent soin de leurs voitures, mais n'ont pas l'habitude du volant. Ces derniers se recrutent parmi les propriétaires des vieilles Skoda, dont la moyenne d'âge est de plus de 13 ans ! Elles sont, souvent, très bien entretenues, même « bichonnées », mais ne répondent plus aux conditions de la conduite actuelle : accélération, tenue de route etc.

Les psychologues, spécialisés dans la sécurité routière, comme Vlasta Rehnova, par exemple, ne pensent pas que les automobilistes tchèques soient tellement différents de leurs collègues européens. Elle prend l'exemple des Allemands qui, chez eux, sont très disciplinés. Malheureusement, à l'étranger, leur conduite change diamétralement. En effet, le montant de la contravention tchèque est quelque peu risible, en comparaison avec ce que le tourisme allemand devrait payer dans son pays pour une même infraction du code de la route. Du point de vue psychologique, l'agressivité au volant ne se manifeste pas seulement par la vitesse élevée, le dépassement à tout prix et dans n'importe quelle situation. L'agressivité, c'est aussi le petit « pépère » qui roule à 80 sur la route et bloque, ainsi, les autres automobilistes. Il vous assurera qu'il respecte le code, lui, mais oublie qu'en créant une colonne de voitures, derrière lui, il crée aussi une situation à risques, quand les autres voudront le dépasser...

Encore une fois, Josef Mikulik, directeur du Centre de recherche de la circulation routière qui reste optimiste, d'une certaine manière : « Avec l'entrée à l'Union européenne, la Tchéquie sera obligée de respecter ses règles et obligations en matière de sécurité routière. Il ne s'agit pas seulement des normes législatives et des recommandations, qui ne représentent que des impulsions, de la part de l'Union. La sécurité routière s'améliorera-t-elle en Tchéquie, après son adhésion à l'Union européenne ? Tout cela dépend des citoyens tchèques ».