La Télévision tchèque : affaire à suivre

Les journalistes révoltés

La Télévision tchèque - un feuilleton dramatique sans fin. C'est ainsi qu'il est possible de résumer la situation chaotique qui dure dans cette institution publique depuis plus d'une semaine. Jan Uhlir résume brièvement l'évolution du conflit.

Le directeur général Jiri Hodac - général sans armée, d'un côté, les journalistes révoltés - armée sans chef, de l'autre. Une impasse à laquelle on n'arrive toujours pas à trouver une issue. Un conflit, aussi, qui dépasse déjà largement le cadre de la Télévision tchèque. Du simple fait que par sa décision de supprimer les émissions des deux chaînes publiques, mercredi soir, Jiri Hodac a pris en otages tous les téléspectateurs qui, on le sait, sont à la fois les redevanciers, donc ceux qui paient la télévision qu'il dirige.

Jeudi, le Conseil de l'audiovisuel a adopté une prise de position, sans pour autant trancher. Son verdict, que des deux versions des actualités qui ont été diffusées avant la suppression totale des émissions, seule celle autorisée par la direction de la télévision est légale, a, en effet, trouvé immédiatement deux interprétations. L'une, celle de Jiri Hodac, qui idientifie la direction à la personne du directeur général ; l'autre, adoptée par les révoltés, qui perçoit ce terme dans son acception plus large, c'est-à-dire y incluant tous les responsables au plus haut niveau. La plupart de ceux-ci, précisons-le, demandent la démission de leur chef. Résultat : une ambiguïté sur l'écran - la télévision a repris ses émissions qui continuent d'être coupées pendant les actualités ; un chaos sans précédent dans l'institution - par exemple la directrice des actualités, nommée par le directeur Hodac, procède aux licenciements et à l'embauchage d'une nouvelle équipe, alors qu'elle n'a pas encore signé son propre contrat avec la Télévision tchèque.

Entre temps, les conseils se réunissent à la chaîne, le directeur ne dirige pas les journalistes qui, eux, préparent les programmes que la majorité des téléspectateurs n'a aucune chance de suivre. Des déclarations de part et d'autre se succèdent, des manifestations se tiennent devant la Télévision tchèque, des politiciens cherchent à en tirer du capital politique... La Télévision tchèque, elle, perd quotidiennement des millions de couronnes et... son crédit. Nous avons en tout cas affaire à un feuilleton télévisé que personne ne veut regarder.

Auteur: Jan Uhlir
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